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Mort de Ray Bradbury: l'auteur décède à 91 ans

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RAY BRADBURY
Ray Bradbury décède à 91 ans. | AP

LOS ANGELES, États-Unis - L'écrivain de science-fiction Ray Bradbury, auteur notamment de «Fahrenheit 451» (1953), des «Chroniques martiennes» (1950) et de «L'Homme illustré» (1951), est mort mardi soir à l'âge de 91 ans, a annoncé sa fille mercredi.

Mondialement connu pour son oeuvre d'anticipation, il avait touché à tous les genres littéraires et écrit pour le cinéma ainsi que la télévision.

Alexandra Bradbury a seulement précisé que son père était mort en Californie du Sud. Son épouse Marguerite était décédée en 2003 et ils avaient quatre filles.

«Faites ce que vous aimez et aimez ce que vous faites» était sa devise.

Ray Brabdury, qui se déplaçait en fauteuil roulant depuis quelques années à la suite d'un accident vasculaire cérébral (AVC), continuait à produire romans, pièces de théâtre, scénarios et poésie. Il vivait à Cheviot Hills, dans la banlieue de Los Angeles.

Bradbury avait rédigé le scénario de l'adaptation cinématographique de «Moby Dick» par John Huston en 1956 et écrit pour la télévision, notamment pour la série fantastique «La Quatrième dimension» («The Twilight Zone») et «The Ray Bradbury Theater».

Ray Bradbury s'est fait connaître en 1950, en pleine Guerre froide, avec «Les Chroniques martiennes», un recueil de nouvelles poétique, humoristique et grave sur la colonisation de Mars par la Terre, prétexte à une satire du capitalisme, du racisme et des super-puissances. Cette fable moderne a été traduite dans une trentaine de langues, adaptée à la télévision et a inspiré un jeu vidéo.

«Les Chroniques martiennes» évoquent aussi l'interdiction des livres, thème central de l'oeuvre majeure de Bradbury publiée en 1953, «Fahrenheit 451» — la température à laquelle le papier est censé s'enflammer. Le lecteur s'y trouve plongé dans une société totalitaire sous l'emprise de la télévision où les pompiers brûlent les livres subversifs.

Comme Jules Verne avant lui, Bradbury a anticipé toutes sortes de technologies à venir, du baladeur numérique à la télévision interactive en passant par la surveillance électronique et les poursuites policières en direct à la télévision.

«Fahrenheit 451» est le seul de ses livres qu'il considérait réellement comme une oeuvre de science-fiction, préférant parler de fantastique pour les autres.

«C'est un libre basé sur des faits réels et sur ma haine des gens qui brûlent des livres», confiait-il à l'Associated Press en 2002.

«Fahrenheit 451», adapté au cinéma par François Truffaut en 1966, figure parmi les classiques de la littérature d'anticipation avec «1984» de George Orwell (1949), «Le Meilleur des mondes» d'Aldous Huxley (1932), «Ravage» de René Barjavel (1943) ou «Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?» de Philip K. Dick (1968, adapté au cinéma par Ridley Scott en 1982 sous le titre «Blade Runner»).

«Je n'ai pas peur des machines», déclarait Ray Bradbury à la revue «Writer's Digest» en 1976.

«Je ne pense pas que les robots soient en train de prendre le pouvoir. Je pense que les hommes qui s'amusent avec des jouets ont pris le pouvoir. Et si nous ne leur retirons pas ces jouets, nous sommes stupides.»

L'un des rares auteurs de science-fiction reconnu comme un écrivain à part entière par le monde littéraire, Ray Bradbury était influencé à la fois par les magazines populaires et des auteurs comme Ernest Hemingway et Thomas Wolfe.

Il avait reçu un National Book Award pour son oeuvre, au même titre que Philip Roth ou Arthur Miller, et un astéroïde a été baptisé 9766 Bradbury.

Ray Bradbury était né le 22 août 1920 à Waukegan, dans l'Illinois. Affirmant que sa mémoire remontait jusqu'aux dernières semaines passées dans l'utérus de sa mère, il se décrivait comme «l'homme qui porte en lui l'enfant qui se souvient de tout».

La famille s'était installée à Los Angeles en 1934 et il avait passé un temps considérable dans les cinémas et bibliothèques.

Son père, Leonard, descendait de Mary Bradbury, jugée pour sorcellerie à Salem (Massachusetts). Sa mère, Esther, lui lisait «Le Magicien d'Oz» et sa tante Neva lui avait fait connaître Edgar Allan Poe.

Son imagination s'était aussi nourrie de ses cauchemars d'enfance ainsi que des aventures en bandes dessinées de Buck Rogers ou de Tarzan, des films d'horreur et des romans d'anticipation de Jules Verne et H.G. Wells («La Guerre des mondes»).

«Ce qu'il y a de formidable dans ma vie est que tout ce que j'ai fait est le résultat de ce que j'étais à 12 ou 13 ans», disait Bradbury en 1982.

Il vendit sa première histoire en 1941 et continua à proposer ses textes à des magazines populaires jusqu'à ce qu'il soit publié par des revues de premier plan comme le «New Yorker».

Son premier livre, un recueil de nouvelles intitulé «Dark Carnival», fut publié en 1947.

Trop pauvre pour s'offrir un bureau ou le téléphone, Ray Bradbury rédigea «Fahrenheit 451» à la bibliothèque de l'université de Los Angeles, sur des machines à écrire louées 10 cents la demi-heure.

À l'en croire, il lui fallut neuf jours et 9,80 $ pour achever ce futur classique de la science-fiction.

Sur le web

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