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Platini confiant pour l'Euro-2012, intransigeant pour affaires et racisme

06/06/2012 10:43 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

C'est un Michel Platini d'humeur badine qui s'est dit confiant mercredi à Varsovie pour l'Euro-2012 (8 juin-1er juillet) en Pologne et Ukraine, et c'est un président de l'UEFA qui a pris un ton plus grave pour répéter son intransigeance face aux matches truqués ou au racisme.

"Si l'Euro est bien, c'est grâce à moi, sinon c'est leur faute à eux", a-t-il d'abord lancé face à la presse en désignant à ses côtés Gianni Infantino, secrétaire général de l'UEFA, et Martin Kallen, organisateur du tournoi pour l'instance.

Pour justifier cette touche d'"humour sympathique", le patron du foot européen a dit son optimisme pour cet Euro: "Il est loin le temps d'avril 2007 quand Ukraine et Pologne ont gagné le droit d'organiser cet Euro, depuis, beaucoup de choses ont été dites, mais surtout se sont faites, la belle fête du foot approche et on ne sera pas loin de la perfection".

"Bien sûr, je connais la chanson avec vous les journalistes, aujourd'hui nous allons parler d'Ioulia Timochenko (opposante politique ukrainienne détenue), de l'émission de la BBC Panorama (sur le racisme dans le foot en Ukraine et Pologne), de matches truqués et à partir de vendredi (coup d'envoi du tournoi) des arbitres, des joueurs, des entraîneurs", a-t-il glissé ensuite, lucide.

Racisme

Et la première question a porté sur la BBC qui avait diffusé fin mai dans son émission Panorama des sujets et une interview de l'ancien capitaine de l'équipe d'Angleterre, Sol Campbell, dénonçant le racisme de certains supporteurs en Pologne et en Ukraine.

"Je n'ai pas vu l'émission, maintenant, si nous considérons le monde en général, l'Europe en particulier, il y a de plus en plus de nationalisme et on le ressent autour des matches, mais pointer du doigt Pologne et Ukraine c'est trop facile", a d'abord répondu le dirigeant de l'UEFA.

Et de rappeler que l'UEFA avait pris "une mesure importante il y a deux ans, en donnant la permission aux arbitres d'arrêter temporairement le match ou définitivement en cas de racisme". "Et nous les soutiendrons s'ils arrêtent le match", a-t-il insisté.

Interrogé sur l'attaquant italien Mario Balotelli qui avait déclaré à France Football que s'il subissait des actes racistes à l'Euro il quitterait le terrain, Platini a seulement dit: "J'espère d'adord qu'il sera titulaire, mais c'est l'arbitre qui donne les consignes d'arrêter un match, il peut avoir un carton jaune s'il quitte le match".

Evidemment sollicité sur le gigantesque scandale des matches truqués qui secoue l'Italie, l'ancien joueur de la Juventus a répété son voeu que les joueurs qui seraient "pris" par la justice pour avoir truqué des matches ne jouent "plus jamais au football". "Parole du président de l'UEFA et j'espère que l'instance disciplinaire me suivra", a-t-il martelé.

Enfin, concernant le boycott politique de l'Euro en Ukraine décrété par certains gouvernements européens, comme la France, pour soutenir Ioulia Timochenko, Platini s'est retranché derrière la "neutralité" de l'UEFA, qui ne "fait pas de politique".

"Certains pays d'Europe de l'ouest ont décidé un boycott politique, certains d'Europe de l'est ont dit qu'il ne feraient pas de boycott, chacun est dans son rôle, la France est dans son rôle, l'UEFA reste en dehors de tout ça", a-t-il avancé.

Platini n'a pas fait dans le politique mais un peu dans l'économie: "Des gens on acheté des billets à 30 euros, mais avec hôtel et avion ça finit à 800 euros, j'ai alerté les autorités, à eux de faire le boulot pour qu'un maximum de gens viennent voir les matches en Pologne en Ukraine".

pgr/sk

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