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ONU: Kofi Annan va proposer un nouveau groupe de contact sur la Syrie (diplomates)

06/06/2012 01:02 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

L'émissaire international pour la Syrie Kofi Annan va proposer jeudi que les Occidentaux, la Russie et la Chine forment un nouveau groupe de contact pour convaincre Damas d'engager un dialogue politique avec son opposition, ont indiqué des diplomates.

M. Annan pourrait même suggérer que l'Iran --engagé par ailleurs dans un bras de fer avec les Occidentaux à propos de son programme nucléaire controversé-- et d'autres pays importants du Proche-Orient entrent dans ce groupe, ont souligné ces diplomates mercredi.

Emissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan s'adressera jeudi à l'Assemblée générale des Nations unies, puis au Conseil de sécurité.

Selon le journal français Le Monde et le quotidien américain The Washington Post, M. Annan soumettra au Conseil l'idée de réunir autour d'une même table la Turquie, l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne et Chine).

Interrogé à ce propos, un diplomate à l'ONU a indiqué que ces informations de presse étaient "bien fondées" et que M. Annan avancerait de nouvelles idées parce que son plan de paix en Syrie est "sous respirateur artificiel".

"Il faut enrôler la Russie dans une sorte de stratégie de transition en Syrie", a-t-il expliqué, rappelant les nombreux contacts pris récemment avec Moscou. Au sein du Conseil, la Russie s'est jusqu'à présent efforcée de protéger son allié syrien.

Mercredi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a appelé à une nouvelle conférence sur la Syrie réunissant "les pays qui ont réellement une influence sur les différents groupes d'opposition" syriens comme la Turquie, l'Iran, la Ligue arabe, l'Union européenne et les membres du Conseil de sécurité.

Jusqu'à présent, le groupe des Amis de la Syrie, qui s'est réuni irrégulièrement depuis le début de l'année, n'a bénéficié de la présence ni de la Chine, ni de la Russie, les deux pays qui bloquent toute mesure coercitive à l'ONU contre le régime syrien.

L'inclusion de l'Iran dans le nouveau groupe de contact pose problème, Téhéran étant un des principaux alliés du régime syrien. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a jugé mercredi "difficile d'imaginer inviter un pays qui orchestre les assauts du régime (du président syrien) Assad contre sa population".

"Il faudra décider quels pays prendront part" au groupe et si le gouvernement syrien et l'opposition seront représentés, a estimé un diplomate à l'ONU.

"Nous devons voir quelle ampleur prend cette initiative avant de nous accorder sur les étapes suivantes" dans le dossier syrien, a commenté un autre diplomate.

"La principale question", a-t-il ajouté, "est de savoir s'il y a un accord possible entre les principaux protagonistes -- les cinq membres permanents du Conseil, la Turquie, peut-être aussi l'Iran, l'Arabie saoudite, le Qatar et d'autres -- sur une transition" en Syrie.

tw-avz/mdm

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