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Nucléaire: l'Iran doute de la volonté des 5+1 de parvenir à un accord (Irna)

06/06/2012 11:30 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

L'Iran "doute de la volonté" des grandes puissances de parvenir à un accord sur la question nucléaire lors des prochaines négociations à Moscou, selon le négociateur iranien Saïd Jalili cité mercredi par l'agence officielle Irna.

"Les retards de l'autre partie pour accepter une réunion d'experts (demandée par l'Iran pour préparer la rencontre de Moscou) jettent le doute et l'incertitude sur sa volonté de parvenir à un succès des discussions", a déclaré M. Jalili dans une lettre à la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui représente le groupe de "5+1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) dans les négociations nucléaires avec Téhéran.

Toujours selon Irna, M. Jalili a espéré dans sa lettre que les 5+1 "trouvent la volonté nécessaire pour organiser une rencontre au niveau des adjoints et des experts afin de pouvoir achever la préparation de la réunion de Moscou".

Ce mouvement d'humeur iranien fait apparemment suite au refus par l'UE d'organiser une rencontre entre l'adjoint de M. Jalili, Ali Bagheri, et celle de Mme Ashton, Helga Schmid, selon des informations allusives distillées mercredi par les médias iraniens.

M. Bagheri aurait envoyé deux lettres à Mme Schmid pour demander un telle rencontre, avant de recevoir une réponse qui a été jugée mercredi comme "non satisfaisante" par le Conseil suprême de sécurité nationale supervisant les négociations nucléaires, selon les médias qui n'ont donné aucun détail.

L'Iran et les 5+1 doivent se retrouver les 18 et 19 juin à Moscou pour essayer de débloquer leurs négociations sur le programme nucléaire iranien controversé, après l'échec d'une rencontre à Bagdad en mai.

Sans rentrer dans les détails, la porte-parole de Mme Ashton, Mme Maja Kocijancic, a indiqué mercredi à l'AFP à Bruxelles que "c'est l'engagement sur le fond et non le processus qui est la clef" du succès des discussions de Moscou.

"La question est politique et nous avons besoin d'un signal clair des Iraniens qu'ils sont prêts à engager des discussions sur le fond des propositions faites par les 5+1" à Bagdad, a-t-elle ajouté.

"Mme Ashton va s'occuper de cette question directement avec son homologue", M. Jalili, a précisé la porte-parole.

Selon une source diplomatique proche des discussions, les 5+1 estiment qu'une nouvelle réunion au niveau "technique" ne servirait à rien, et que la rencontre de Moscou doit se préparer par des contacts au plus haut niveau portant sur les questions fond.

Les responsables iraniens s'étaient jusqu'à présent déclarés "optimistes" sur l'issue de la réunion de Moscou, tout en admettant qu'elle serait "difficile" tant le fossé apparu à Bagdad entre les positions des deux parties est grand.

Américains et Européens ont souligné de leur côté la nécessité pour Téhéran de ne plus tergiverser et de faire à Moscou des gestes concrets pour répondre aux demandes des grandes puissances.

Pour dissiper les doutes sur la finalité du programme nucléaire iranien, les 5+1 réclament notamment que l'Iran cesse d'enrichir de l'uranium à 20% et abandonne son site souterrain de Fordo (centre).

Sans avoir totalement fermé la porte à des concessions, l'Iran réclame de son côté que les grandes puissances reconnaissent explicitement son droit à l'enrichissement d'uranium, condamné par six résolutions de l'ONU, et la levée des sanctions occidentales qui le frappent sévèrement depuis deux ans.

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