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Malgré des profits records, la valeur boursière des sociétés minières recule

06/06/2012 10:22 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Même si elles ont engrangé des profits records de 133 milliards $ US en 2011, la valeur boursière des 40 plus grandes sociétés minières au monde a reculé de 25 pour cent sous l'effet du climat général d'incertitude économique, révèle un rapport de la firme PwC publié mercredi.

Selon l'étude, la baisse du rendement des actions des minières est notamment attribuable à la crise des dettes qui perdure en Europe et au ralentissement économique en Chine.

Des 40 sociétés observées par PwC, six ont vu leur valeur boursière augmenter en 2011. Le ratio du cours de l'action par rapport au bénéfice des plus grandes sociétés minières est ainsi passé sous la barre de dix, ce qui est inférieur au ratio de 2008, au moment de la crise financière mondiale.

Selon Nochane Rousseau, un spécialiste de l'industrie minière québécoise de PwC, ce ratio traduit un manque de confiance du marché envers les plus grandes sociétés et leur capacité à croître ou à maintenir leur rentabilité.

Il estime toutefois que la demande demeure «solide» et que la croissance à long terme des marchés émergents a «plus de poids sur le secteur que les craintes à court terme liées aux pays développés».

Selon M. Rousseau, les investisseurs n'adhèrent pas à la théorie de croissance du secteur minier ou réagissent à d'autres préoccupations à court terme liées à l'économie mondiale.

En outre, les investisseurs semblent douter de la capacité des minières à mettre en œuvre leurs projets ou à atteindre leur objectifs de bénéfices, puisque la valeur boursière a connu une importante baisse durant l'année 2011 et que celle-ci a été marquée par de fortes dépenses en immobilisations, note M. Rousseau.

Les investissements des 40 plus grandes minières dans les projets d'immobilisations ont totalisé 98 milliards $ US en 2011 et leurs projections pour 2012 grimpent à 140 milliards $ US.

Mais selon M. Rousseau, il est «peu probable que les sociétés puissent procéder aux investissements prévus, car elles seront contraintes de satisfaire les demandes des actionnaires qui veulent de meilleurs dividendes, quitte à compromettre leurs projets d'immobilisations en les reportant».

«Décider comment affecter les capitaux est de plus en plus difficile pour les dirigeants d'entreprises parce qu'ils doivent combiner de manière équilibrée les objectifs de croissance et de rendement», observe-t-il.

La firme PwC fournit des services de certification et de conseils ainsi que des services fiscaux.

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