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L'OMS met en garde contre la résistance accrue de la gonorrhée aux antibiotiques

06/06/2012 07:31 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

GENÈVE - La blennorragie, une maladie sexuellement transmissible aussi connue sous le nom de gonorrhée, résiste de plus en plus aux antibiotiques, a prévenu l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mercredi.

L'OMS exhorte les gouvernements et les médecins à renforcer la surveillance de la gonorrhée. Cette infection bactérienne peut entraîner des inflammations, la stérilité et des complications en cas de grossesse. Dans les cas les plus extrêmes, elle peut être mortelle chez la femme enceinte. Les bébés issus de mères atteintes ont un risque sur deux de développer des infections oculaires pouvant entraîner la cécité.

«Cet organisme a fondamentalement développé une résistance contre toute forme de traitement», a expliqué la docteure Manjula Lusti-Narasimhan, chercheuse au service des maladies sexuellement transmissibles de l'OMS. Parmi le dernier traitement encore envisageable figurent les céphalosporines, une classe d'antibiotiques.

«D'ici deux ans, l'infection résistera à tous les traitements actuellement disponibles», a-t-elle affirmé dans un entretien accordé à l'Associated Press, avant l'annonce d'un plan mondial d'action pour lutter contre la maladie.

Autrefois terreur des marins et des soldats, la gonorrhée, également connue sous le nom familier de «chaude-pisse», se guérissait facilement grâce à la pénicilline. Mais c'est à nouveau la deuxième maladie sexuellement transmissible la plus fréquente après la chlamydiose. Selon l'OMS, elle est responsable chaque année d'environ 106 millions cas d'infections. Elle augmente en outre les risques de contracter d'autres maladies comme le VIH.

«Ce n'est pas un problème européen ou africain, c'est vraiment un problème mondial», a prévenu la docteure Lusti-Narasimhan.

Les scientifiques pensent que c'est l'abus d'antibiotiques, ainsi que l'étonnante capacité de cette bactérie à s'adapter, qui lui ont permis de devenir résistante. L'apparition de souches résistantes a d'abord été signalée au Japon, mais des cas ont également été enregistrés au Royaume-Uni, à Hong Kong, en Australie, en France, en Suède et en Norvège.

«Nous ne parviendrons pas à nous en débarrasser complètement, mais sa propagation peut être limitée», a souligné la docteure Lusti-Narasimhan.

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