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L'émir du Koweït refuse d'entériner la peine de mort pour délits religieux

06/06/2012 10:18 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

L'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a refusé de signer un projet de loi adopté par le Parlement et prévoyant la peine capitale pour délits religieux, ont indiqué mercredi des sources parlementaires.

Dans la matinée, le gouvernement a présenté de nouveau le projet au Parlement, une démarche qui, selon la loi locale, signifie son rejet par l'émir, a-t-on ajouté.

L'émir a le pouvoir de refuser une loi adoptée par le Parlement élu, lequel peut passer outre ce refus en faisant voter la loi une nouvelle fois à la majorité des deux-tiers des 49 élus de la Chambre et des 16 membres du gouvernement qui ont un droit de vote au Parlement.

La loi, adoptée début mai, prévoit la peine de mort ou la prison à vie pour tout musulman reconnu coupable de délits de blasphème et d'insulte au Coran, aux prophètes et aux épouses de Mahomet.

Elle introduit deux nouveaux articles dans le code pénal de l'émirat, qui durcissent les peines pour ces infractions. Les non-musulmans, coupables des mêmes délits, risquent une peine d'au moins 10 ans de prison, selon le projet.

Les accusés repentis sont condamnés à cinq ans de prison et une amende de 36.000 dollars, mais le repentir des Récidivistes n'est pas accepté.

Lundi, un chiite koweïtien a été condamné à dix ans de prison pour insulte sur Twitter au prophète Mahomet, sa femme Aïcha et certains de ses compagnons, selon avocat.

En avril, la justice koweïtienne avait condamné à sept ans de prison un sunnite pour avoir tenu des propos jugés insultants à l'égard de la communauté chiite sur Twitter.

Les relations entre sunnites et chiites au Koweït se sont tendues ces derniers mois sur fond de tension régionale. Les chiites forment environ le tiers de la population autochtone (1,17 million au total).

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