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L'Iran peut financer un gazoduc au Pakistan bloqué par des pressions (média)

06/06/2012 09:55 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

L'Iran est prêt à financer lui-même la construction au Pakistan d'un gazoduc acheminant du gaz iranien à ce pays, un projet bloqué depuis deux ans par les sanctions occidentales contre Téhéran, a indiqué mercredi l'agence Fars citant une "source informée".

"Des difficultés financières et l'obstruction de certains pays occidentaux ont ralenti ce projet du côté pakistanais", a expliqué cette source non identifiée.

"Pour accélérer les choses, les responsables du ministère du Pétrole ont proposé (à Islamabad) que l'Iran finance lui-même la construction du gazoduc au Pakistan comme il l'a fait sur son territoire", a-t-elle ajouté sans donner d'autres précisions.

Téhéran et Islamabad ont signé en juin 2010 un accord pour la construction d'un gazoduc permettant de livrer à partir de 2014 au Pakistan 21 millions de M3/jour de gaz iranien venant du gisement de South Pars, dans le Golfe.

Mais si l'Iran a pratiquement achevé les travaux de son côté de la frontière, ce projet de 7,5 milliards de dollars est resté jusqu'à présent bloqué du côté pakistanais faute de financements.

Islamabad a affirmé à plusieurs reprises sa volonté de mener ce projet à son terme malgré les pressions politiques de Washington, mais les menaces américaines de sanctionner toute société aidant l'Iran à développer ses ressources pétrolières ou gazières ont apparemment découragé les investisseurs étrangers les uns après les autres, selon des informations de la presse pakistanaise confirmées par des experts étrangers à Téhéran.

Ce contrat est important pour le Pakistan, qui souffre d'un important déficit énergétique, mais également pour Téhéran qui, bien que deuxième producteur de l'OPEP, peine désormais à vendre son pétrole du fait des sanctions bancaires et pétrolières occidentales.

L'Iran, qui possède également les deuxièmes réserves mondiales de gaz, est en train de développer rapidement sa production mais ne peut en exporter actuellement qu'une infime partie --vers la Turquie-- faute de gazoducs ou d'usines de liquéfaction permettant de l'acheminer.

mod-lma/sw

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