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Libye: attaque contre la mission diplomatique américaine à Benghazi

06/06/2012 07:40 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

La mission diplomatique américaine à Benghazi, une ville de l'est de la Libye, a été la cible mardi soir d'une attaque à la bombe, faisant un blessé léger, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

"Il y a eu une attaque hier soir contre le bureau des Etats-Unis à Benghazi", a indiqué à l'AFP un responsable de l'ambassade, précisant qu'il s'agissait d'une bombe artisanale et qu'il n'y avait pas de victimes.

"Les Etats-Unis déplorent l'attaque de leur mission diplomatique à Benghazi", a-t-il dit sous couvert de l'anonymat, ajoutant que l'ambassade avait appelé les autorités libyennes à renforcer la sécurité autour des locaux américains en Libye.

Une source des services de sécurité à Benghazi a confirmé l'attaque, précisant qu'elle a été revendiquée par un groupe se présentant sous le nom de Groupe du prisonnier Omar Abdel-Rahman, qui a laissé des tracts sur place, dans lesquels il menace les intérêts américains en Libye.

L'ambassade des Etats-Unis a indiqué qu'elle n'avait pas d'information au sujet d'une quelconque revendication.

Selon la source des services de sécurité, le Groupe des partisans du prisonnier Omar Abdel-Rahman, du nom d'un cheikh égyptien condamné à la prison à vie aux Etats-Unis, a également revendiqué une attaque à la roquette perpétrée le 22 mai contre les locaux du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Benghazi.

Plus tard, un haut responsable du ministère de l'Intérieur, Ibrahim Al-Charkassia, a minimisé "l'incident", affirmant que la bombe artisanale a endommagé légèrement la clôture du bâtiment, blessant légèrement un des gardes.

Il a ajouté la voiture utilisée dans l'attaque a été identifiée.

Le vice-ministre de l'Intérieur, Ounis al-Charef, a précisé que l'engin explosif avait explosé à environ 500 mètres de la représentation américaine mercredi vers 03H00 (01H00 GMT) et que le bâtiment n'avait pas été touché directement, selon lui.

Il n'a pas écarté le fait que l'attaque puisse être liée à l'annonce par Washington de la mort du numéro deux d'Al-Qaïda, le Libyen Abou Yahya al-Libi, tué dans une attaque de drone au Pakistan.

Libi, considéré comme l'un des principaux théoriciens d'Al-Qaïda, était apparu à plusieurs reprises ces dernières années dans des messages vidéos du réseau extrémiste. En mars 2011, il avait exhorté les rebelles libyens à poursuivre leur offensive contre le régime Kadhafi.

"Libi a des partisans dans le pays et ils pourraient être derrière" l'attaque, a déclaré M. Charef.

Il a confirmé par ailleurs la revendication du Groupe du prisonnier Omar Abdelrahman, estimant que leurs opérations n'étaient "pas organisées".

De leur côté, les porte-parole du gouvernement et du Conseil national de transition (CNT), ont démenti toute revendication de l'attaque, faisant état toutefois d'un blessé léger parmi les gardes.

Cheikh Omar Abdel-Rahman (73 ans), surnommé le "cheikh aveugle", a été condamné en 1995 à la prison à vie par la justice américaine pour des complots visant à attaquer des cibles new-yorkaises et à assassiner l'ancien président égyptien Hosni Moubarak.

Il a aussi été cité comme inspirateur des premiers attentats contre le World Trade Center, qui ont fait six morts et un millier de blessés en 1993.

Le CNT, au pouvoir en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, a condamné l'attaque, a indiqué un porte-parole, Mohammed al-Harizi, précisant que les autorités tentaient d'en savoir plus.

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