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La montée inquiétante de la tuberculose requiert d'agir vite (experts)

06/06/2012 07:48 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

La multiplication des cas de tuberculose résistante aux antibiotiques dans le monde requiert davantage de dépistage et le développement plus rapide de nouvelles thérapies pour freiner l'épidémie, ont jugé mercredi des infectiologues américains citant une nouvelle étude.

Cet appel d'experts de la faculté de médecine de l'Université Johns Hopkins (Maryland, est) se fonde sur les résultats d'une enquête montrant que les cas de tuberculose résistante difficile à traiter sont beaucoup plus répandus qu'estimés précédemment parmi les neuf millions de personnes infectées chaque année sur la planète.

Les résultats détaillés de cette enquête, publiée dans la revue américaine New England Journal of Medicine datée du 7 juin, donnent notamment une nouvelle estimation de l'ampleur du problème en Chine où on compte plus d'un million de nouvelles contaminations annuellement.

Une enquête effectuée en 2007 indiquait seulement 4.000 nouvelles infections par an diagnostiquées dans ce pays et que, parmi les personnes récemment traitées pour la tuberculose, une sur dix avait une souche résistante de la bactérie.

La tuberculose se transmet quand des personnes non-contaminées inhalent un petit nombre de bactéries appelée Mycobacterium tuberculosis, projetées dans l'air par celles atteintes de la maladie infectieuse.

Des antibiotiques peuvent guérir l'infection mais le fait que le traitement soit long et exige aucune interruption le rend incertain dans les pays en développement où la disponibilité des antibiotiques est limitée.

Dans un éditorial accompagnant cette étude, les Dr Richard Chaisson et Eric Nuermberger, spécialistes des maladies infectieuses à la faculté de médecine Johns Hopkins, qualifient d'"énorme défi" la prolifération de bactéries de la tuberculose résistantes aux traitements dans la lutte pour l'éradication de cette infection qui fait 1,5 million de morts par an, surtout dans les pays en développement.

Selon le Dr Chaisson, le plus préoccupant dans les conclusions de cette recherche est le fait que la majorité des quelque 110.000 cas de tuberculose résistante aux traitements se sont pour la plupart produits parmi les personnes nouvellement infectées. Ceci montre que ces bactéries résistantes se sont transmises par voie aérienne.

Cette révélation remet en question l'hypothèse qui prévalait jusqu'alors selon laquelle la résistance des bactéries aux antituberculeux se produisait surtout parmi les sujets qui ne répondaient pas aux traitements ou avaient rechuté après avoir fini leur thérapie.

En résumé, écrit le professeur Chaisson, la résistance aux antibiotiques paraît présente dans les nouveaux cas et ce à grande échelle, ce qui nécessite de ne pas limiter le dépistage aux malades ayant déjà eu un traitement contre l'infection mais à tous.

Dans l'étude, seuls 3% des nouveaux cas ont été testés pour des souches de bactérie résistantes.

js/lor

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