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Irak: "rappeler chaque jour" à Maliki de mieux intégrer les sunnites (ambassadeur américain désigné)

06/06/2012 01:15 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Le diplomate désigné par Barack Obama pour diriger l'ambassade américaine en Irak a jugé mercredi indispensable de "rappeler chaque jour" au Premier ministre Nouri al-Maliki de mieux intégrer ses compatriotes sunnites dans le processus de prise de décisions.

"Les divisions entre sunnites et chiites sont extrêmement profondes" en Irak, a lancé Brett McGurk lors d'une audition à la commission des Affaires étrangères du Sénat. "Le spectre du conflit religieux est là, les Irakiens sont toujours en train de s'en remettre, nous devons les aider".

Le pays est plongé depuis six mois dans une grave crise politique. M. Maliki, qui est chiite, est en conflit avec le bloc Iraqiya, laïque mais dominé par les sunnites. Mercredi, le chef du gouvernement s'en est pris aux "influences étrangères" dans la crise.

L'action des institutions politiques apparaît largement paralysée et des voix s'élèvent pour réclamer la démission ou le renvoi du chef du gouvernement.

"La peur, la méfiance et les règlements de compte dominent la vie politique" irakienne, a déclaré M. McGurk.

Pour contribuer à la résolution du conflit, "nous devons rappeler chaque jour au gouvernement actuel qu'il doit faire tout son possible pour donner le sentiment aux sunnites qu'ils font partie intégrante du processus" politique, a-t-il estimé. Mais ce conflit touche désormais d'autres composantes du paysage politique, notamment les Kurdes.

Les dirigeants de la région autonome du Kurdistan "rencontrent des problèmes avec le gouvernement de Bagdad. Celui-ci a aussi des différends avec les Kurdes", a souligné M. McGurk, qui a promis de se rendre "au moins une fois par semaine" au Kurdistan, dès qu'il aura pris ses fonctions. "Nous pouvons aider à surmonter les différends. Nous pouvons avoir un rôle de médiateur et nous engager activement".

Avant de prendre la tête de la plus grande ambassade américaine au monde, M. McGurk devra d'abord recueillir l'aval du Sénat.

Mais mardi, l'influent sénateur républicain John McCain a fait part de "sérieuses préoccupations" quant à la désignation de M. McGurk. Le rival malchanceux de M. Obama à la présidentielle de 2008 a notamment rappelé l'opposition de M. McGurk à une présence militaire américaine en Irak après le départ des troupes fin 2011.

"Quand on voit la dégradation en Irak à l'heure actuelle, il est clair que nous aurions dû maintenir une présence militaire. Mais ce n'est pas ce que voulait Obama", a expliqué M. McCain à la presse.

Le dernier soldat du contingent américain en Irak a quitté le pays le 17 décembre par la frontière terrestre avec le Koweït.

Ce départ a mis fin à l'engagement américain dans une guerre qui a fait plus de 100.000 morts parmi les civils irakiens et lors de laquelle près de 4.500 Américains ont perdu la vie.

Si M. McGurk est confirmé, il sera le premier chef de mission diplomatique américain à s'installer en Irak depuis le départ des troupes américains.

M. McGurk occupait jusqu'ici un poste de conseiller auprès de l'actuel ambassadeur des Etats-Unis en Irak, James Jeffrey, lui-même nommé par M. Obama en juin 2010.

gde/lor

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