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Implantation sauvage: Netanyahu impose sa solution au lobby des colons

06/06/2012 10:15 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a calmé mercredi les appétits du lobby des colons au sein de sa majorité en faisant échec à une proposition de loi autorisant a posteriori des habitations construites sur des terres privées palestiniennes.

La proposition, visant à contourner une décision de la Cour suprême ordonnant le démantèlement de cinq maisons construites sur un terrain palestinien privé dans la colonie de Beit El, près de Ramallah (Cisjordanie), a été rejetée par 69 voix contre 22 à la Knesset (Parlement, 120 députés).

M. Netanyahu, sensible aux répercussions internationales d'une telle décision et fort d'une majorité de 94 députés, a durci le ton mardi soir, en menaçant de limoger tout ministre qui voterait pour deux propositions de loi similaires sur cette question, ont rapporté les médias.

Il a proposé un plan alternatif prévoyant de transporter les bâtiments du quartier d'Oulpana "dans un secteur voisin où il n'y a pas de problème concernant le terrain", selon un haut responsable gouvernemental, en référence aux droits de propriété de personnes physiques palestiniennes.

Après des hésitations, le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, chef du parti de droite nationaliste Israël Beiteinou, un des piliers de la coalition (15 députés) a annoncé mercredi matin qu'il se ralliait à la position du chef du gouvernement.

Deux ministres proches des colons, Youli Edelstein (Diplomatie publique et Diaspora, Likoud, le parti de M. Netanyahu) et Daniel Herschkowitz (Sciences et Technologie) qui avaient exprimé l'intention d'apporter leur voix au texte, n'ont finalement pas participé au vote.

Un second texte de loi similaire a été retiré avant d'être mis aux voix.

Quelque 2.000 manifestants regroupés devant la Knesset pour soutenir les colons ont exprimé leur indignation.

"Des Juifs ne chassent pas des Juifs!", ont-ils scandé, accusant le Premier ministre, surnommé "Bibi", de "trahison".

"Bibi réveille-toi!", "Une parole est une parole, tu dois soutenir les lois sur la légalisation", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants, parmi lesquels quelque 250 colons qui ont marché pendant trois jours jusqu'à Jérusalem.

Les services de M. Netanyahu ont en outre confirmé des informations selon lesquelles le Premier ministre présiderait un comité sur les affaires liées à la colonisation.

La création de ce comité, qui hériterait certaines des prérogatives jusqu'alors réservées au ministre de la Défense Ehud Barak, vise à apaiser les colons, qui accusent M. Barak de freiner les constructions dans les implantations de Cisjordanie.

Dans un communiqué publié juste avant le vote, l'Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), a souligné que les textes présentés "franchissaient une nouvelle et grave étape: ordonner la confiscation de propriétés privées (...) violant une des plus claires interdictions du droit international".

"Qui plus est, ces propositions de loi tentent d'estomper la différence entre l'Etat d'Israël et les territoires occupés. Les députés ignorent - soit sciemment soit par pure ignorance - le fait que la Knesset n'est en aucun cas habilitée à légiférer pour les territoires occupés".

La Cour suprême d'Israël avait ordonné le 7 mai le démantèlement des habitations incriminées au 1er juillet, rejetant la demande du gouvernement de surseoir à cette mesure jusqu'au 1er août.

Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies en territoire occupé sont illégales, qu'elles aient ou non été autorisées par les autorités israéliennes.

Plus de 340.000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et plus de 200.000 dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est occupé et annexé.

bur-sst/agr/sw

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