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Égypte: Moubarak a dû recevoir de l'oxygène pour des troubles respiratoires

06/06/2012 03:09 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - La santé de l'ancien président égyptien Hosni Moubarak est entrée dans une phase «dangereuse» mercredi, et les médecins ont dû lui administrer de l'oxygène à cinq reprises pour l'aider à respirer, ont déclaré des responsables de la prison où il est détenu.

Les nouveaux ennuis de santé de l'ancien président surviennent quelques jours après sa condamnation à la prison à perpétuité pour son rôle dans la mort de centaines de manifestants lors du soulèvement populaire qui a mené au renversement de son régime.

Selon des responsables de la prison Torah, au sud du Caire, Hosni Moubarak, âgé de 84 ans, est en état de choc et souffre d'hypertension artérielle et de difficultés respiratoires.

Des spécialistes ont été appelés pour l'examiner et ils envisagent de le transférer dans un hôpital militaire, ont déclaré ces responsables, qui ont réclamé l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à discuter du dossier avec les médias.

Il n'a pas été possible de confirmer l'état de santé d'Hosni Moubarak de source indépendante.

Hosni Moubarak ne voulait pas aller à la prison Torah quand il a été condamné samedi à la prison à vie. Il a demandé aux responsables qui l'escortaient de le ramener dans la suite d'un hôpital militaire de l'est du Caire où il résidait depuis le début de son procès, en août. Auparavant, il était détenu dans un hôpital de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge.

Moubarak a été condamné à la prison à vie pour la mort des manifestants, mais il a été acquitté des accusations de corruption, tout comme ses deux fils, Gamal et Alaa.

Les responsables ont déclaré que les autorités de la prison avaient autorisé Gamal à rester au chevet de son père. Alaa a aussi demandé la permission de rester avec son père, mais l'autorisation ne lui a pas encore été accordée, selon les responsables.

Même si le régime Moubarak était très impopulaire quand il a été renversé l'an dernier, les conditions de vie en Égypte se sont détériorées depuis la révolution, avec des manifestations meurtrières, des difficultés économiques et des grèves sans fin.

L'inquiétude des Égyptiens face à la détérioration de la situation expliquerait pourquoi le dernier premier ministre de Moubarak, Ahmed Shafiq, a obtenu la deuxième place au premier tour de l'élection présidentielle le mois dernier, devant des candidats plus réformateurs.

Au deuxième tour des 16 et 17 juin, M. Shafiq affrontera le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi. Mais l'ancien premier ministre pourrait être disqualifié d'ici là.

Un porte-parole du plus haut tribunal du pays a indiqué que la cour examinerait la constitutionnalité de la «loi d'exclusion politique» le 14 juin, soit deux jours avant le second tour. Cette loi adoptée par le Parlement nouvellement élu interdit aux anciens hauts responsables du régime Moubarak à partir de 2001 de participer aux élections. La loi s'applique aux premiers ministres, aux vice-présidents et aux responsables du parti de Moubarak, aujourd'hui dissous.

Si la loi est maintenue, cela signifierait qu'Ahmed Shafiq serait disqualifié, ce qui pourrait forcer l'annulation du deuxième tour et la reprise du premier tour.

Cité par l'agence de presse officielle égyptienne, le porte-parole de la cour, Maher Sami, n'a pas dit si le tribunal se prononcerait sur la constitutionnalité de la loi le même jour. Mais il a indiqué que les experts de la cour avaient préparé leur rapport, ce qui suggère qu'ils pourraient annoncer leur verdict le 14 juin.

«La cour est réceptive aux interrogations publiques et c'est pourquoi elle travaille rapidement pour résoudre ce dossier, mais en ce moment, il est difficile de dire si un verdict sera annoncé le 14 juin», a déclaré M. Sami lors d'une brève entrevue téléphonique avec l'Associated Press.

Le porte-parole a indiqué que le même jour, la cour se pencherait aussi sur le jugement d'une juridiction inférieure qui s'est prononcée contre la loi qui a encadré les récentes élections parlementaires.

Si la cour maintient le jugement, les élections seront déclarées illégales et le Parlement dominé par les islamistes sera dissous.

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