OTTAWA - Le Grand Prix de Formule 1 de Montréal, «eldorado des proxénètes», «sexiste» et «polluant»? C'est du moins ce que croit la députée bloquiste d'Ahuntsic, Maria Mourani, qui n'a pas mis de gants blancs pour faire part de son point de vue sur son compte Facebook.

«Grand Prix... un événement sexiste et polluant. L'eldorado des proxénètes, des touristes sexuels et de toute l'industrie de l'exploitation sexuelle. Cela nous rapporte moins que cela nous en coûte socialement, économiquement et humainement», a écrit la députée du nord de Montréal sur le réseau social.

Mme Mourani a conclu son billet en exprimant son souhait d'une «vision pour Montréal et son économie qui contribue à son essor et non à sa 'bananisation'».

Les critiques de cette ancienne candidate au leadership du Bloc québécois envers un des événements touristiques les plus courus de la métropole ont fait réagir plusieurs de ses lecteurs, tant positivement que très négativement. Si certains saluent le franc-parler de Mme Mourani, d'autres lui reprochent une vision étroite, rappelant que les retombées du Grand Prix pour la ville sont considérables.

Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, s'est pour sa part empressé de spécifier qu'il n'était pas d'accord avec Mme Mourani et que les commentaires de la députée ne reflétaient en rien la position officielle de son parti.

«Chaque membre a droit à ses opinions et à les émettre comme il le veut. Cependant, quand on occupe une charge importante, comme députée par exemple, on doit avoir un certain devoir de réserve», a tranché le leader bloquiste.

«Le Grand Prix est un événement économique et financier important pour Montréal», a-t-il noté, ajoutant qu'il espérait que sa prochaine édition se déroule dans l'ordre.

Le chef bloquiste n'avait pas eu la chance de discuter de vive voix mercredi avec Mme Mourani au sujet des commentaires diffusés quelques heures plus tôt sur Internet.

Mme Mourani — qui est criminologue et sociologue de formation — n'a pas souhaité accorder d'entrevue sur le sujet. Joint par téléphone, le centre des médias du Grand Prix n'a pas, lui non plus, voulu commenter.

Le Grand Prix du Canada s'ouvre officiellement vendredi, alors que ses organisateurs s'inquiètent de possibles désordres issus du mouvement étudiant et d'autres groupes. La journée «portes ouvertes», qui était prévue pour jeudi, a d'ailleurs été annulée pour ces motifs.