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Euro-2012 - Groupe A - Pologne: la "fierté" de Perquis

06/06/2012 06:33 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

"J'avais envie de retrouver la vie de mes ancêtres, aujourd'hui c'est une fierté et je ne regrette pas mon choix". Damien Perquis, le solide défenseur né en France et Polonais par sa grand-mère, assure ne pas avoir choisi la Pologne par opportunisme.

"Je suis content d'avoir fait ce que j'ai fait", confie à l'AFP Damien Perquis, dont la première sélection avec la Pologne remonte au 6 septembre 2011 (2-2 contre l'Allemagne).

"Ma grand-mère (qui a demandé la nationalité polonaise pour que son petit-fils puisse l'avoir) en parlait comme si c'était son pays, sa vie, raconte-t-il. Dans les réunions de famille, ça parlait de la Pologne, il y avait de la musique polonaise... Notre famille n'oublie pas ses racines et voir un des leurs représenter le pays au plus haut niveau, ils en sont fiers."

Pour autant, son intégration n'a pas été des plus faciles. Outre la barrière de la langue, Perquis a aussi dû faire face à une volée de critiques xénophobes, lancées par l'ancien gardien international Jan Tomaszewski, aujourd'hui député du parti d'opposition conservateur et nationaliste Droit et Justice (PiS).

Tomaszewski, farouchement opposé à la présence de joueurs "français" et "allemands" dans la sélection, s'en était surtout pris à Perquis, qualifié de "déchet français", de "déchet du football qui n'a pas réussi chez lui".

"J'ai été choqué, pas abattu, a réagi le défenseur central âgé de 28 ans. Tout ce qui a été dit par cette personne, pour moi c'est transparent, je ne le vois pas, j'avance. Je l'ai fait (porter plainte) pour l'image de ma famille parce qu'il n'y a pas que moi. Derrière, il y a beaucoup de monde, il y a ma grand-mère."

Damien Perquis assure n'avoir "jamais ressenti de haine parmi les citoyens" et veut surtout répondre sur le terrain: "A partir du moment où on est bon sur le terrain, ça ne peut qu'aller bien".

Il a en tout cas la confiance de son sélectionneur. Franciszek Smuda l'a retenu pour l'Euro alors que le défenseur n'avait pas joué les trois derniers mois de compétition en France en raison d'une fracture de l'humérus gauche.

"J'ai bien récupéré, je manque un peu de force, ça va revenir au fur et à mesure, confiait Perquis mi-mai. Cela devrait être bon pour l'Euro. Ce que je ressens à l'entraînement est plutôt encourageant."

Le défenseur qui a fait toute sa carrière en France et porte le N.15 avec la Pologne a rejoué le samedi 26 mai en amical contre la Slovaquie. Et il ne pouvait rêver mieux pour un retour: il a marqué le but de la victoire de la tête (1-0).

Idéal pour continuer à s'intégrer alors qu'il peut aussi compter sur le soutien sans faille de Ludovic Obraniak, l'autre "Français" de la sélection.

"C'est lui qui a +encouragé+ mon arrivée dans l'équipe, en discutant avec le sélectionneur, en parlant de moi. Il y a plein de choses qui me permettent de me sentir bien et +Ludo+ en fait partie".

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