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De nouvelles violences font au moins 23 morts dans le centre de la Syrie

06/06/2012 04:11 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des militants syriens ont rapporté un nouveau bain de sang mercredi dans la province de Hama, dans le centre du pays, où au moins 23 personnes ont été tuées.

Les circonstances de ces nouvelles violences n'ont pas pu être confirmées de source indépendante.

Le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdul-Rahman, a déclaré que son organisation avait compilé les noms de 23 personnes tuées dans des tirs d'artillerie et d'autres attaques au cours de la journée.

Mais les Comités locaux de coordination, une autre organisation de l'opposition syrienne, affirment qu'au moins 78 personnes ont été tuées mercredi dans la province de Hama.

M. Abdul-Rahman a appelé les observateurs de l'ONU à se rendre dans la région immédiatement. «N'attendez pas à demain avant d'enquêter sur ce nouveau massacre», a-t-il plaidé.

Selon les organisations de l'opposition, au moins 13 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad, en mars 2011.

Le président El-Assad a nommé mercredi l'un de ses fidèles comme nouveau premier ministre. Riad Farid Hijab, membre du parti Baas au pouvoir et ancien ministre de l'Agriculture, a été chargé de former un nouveau gouvernement à la suite des élections parlementaires du mois dernier.

Le président a présenté les élections du 7 mai comme un point tournant dans les réformes politiques promises. Il s'agissait des premières élections organisées en vertu de la nouvelle Constitution, qui autorise les partis politiques à se présenter contre le parti Baas.

L'opposition a boycotté le scrutin, estimant qu'il avait été organisé par le régime pour renforcer l'emprise de Bachar el-Assad sur le pouvoir. Le Parlement est considéré comme un simple figurant dans le système politique syrien, où le président et ses proches conseillers détiennent le véritable pouvoir.

Le porte-parole du département d'État américain, Mark Toner, a estimé que la nomination d'un nouveau premier ministre en Syrie n'était qu'une autre «soi-disant réforme d'El-Assad».

«Nous voyons (cette nomination) comme un geste vide du président pour préserver son règne. Il est difficile de le prendre au sérieux quand des citoyens syriens sont pilonnés chaque jour et quand on voit ces atrocités», a-t-il dit.

La France a estimé que la nomination de M. Hijab était une imposture.

Lors d'un point de presse en ligne mercredi, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, a déclaré que les élections en Syrie étaient un «simulacre» et que la nomination d'un nouveau premier ministre constituait «une nouvelle dérobade, une mascarade».

Bachar el-Assad reste «obstinément sourd aux demandes de son peuple», a déploré M. Valero.

Les militants affirment qu'au moins 13 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement populaire, en mars 2011.

Mardi, le gouvernement syrien a accepté de permettre aux travailleurs humanitaires de se rendre dans quatre des provinces du pays les plus touchées par les violences, un espoir de soulagement pour les milliers de Syriens qui ont besoin d'une aide urgente.

Mais au même moment, le régime du président Bachar el-Assad a accru son isolement international en expulsant les diplomates américains et européens de son territoire, en représailles à l'expulsion des diplomates syriens par plusieurs pays occidentaux la semaine dernière.

L'accord humanitaire prévoit que la Syrie fournira des visas à un nombre non précisé de travailleurs humanitaires provenant de neuf agences des Nations unies et de sept organisations non gouvernementales.

L'accord doit permettre de livrer de la nourriture, des médicaments et d'autres articles de première nécessité aux Syriens dans le besoin, a expliqué John Ging, directeur des opérations au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

Mais il s'est empressé de préciser que les agences humanitaires ne déclareraient pas victoire tant que le régime syrien n'aura pas traduit ses promesses en actes.

M. Ging espère qu'il faudra «quelques jours et non quelques mois» avant que les équipes humanitaires puissent accéder aux provinces de Daraa, de Deir el-Zour, de Homs et d'Idlib. Il a exhorté la Syrie à respecter sa part de l'accord.

«Il faudra quelques jours pour savoir s'il s'agit vraiment d'une avancée décisive, et cela ne se mesurera pas en termes de rhétorique ou en termes d'accord, mais par les actions sur le terrain», a souligné M. Ging mardi à Genève.

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