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Congrès des Arabes du Mali: deux camps opposés se quittent sans s'entendre

06/06/2012 08:33 EDT | Actualisé 06/08/2012 05:12 EDT

Le congrès des Arabes du Mali organisé dans une localité de Mauritanie s'est achevé dans la désunion, après trois jours de débats houleux à l'issue desquels opposants et partisans de l'indépendance du nord malien ont échoué à s'entendre, selon deux communiqués séparés parvenus mercredi à l'AFP.

Les deux textes ont été respectivement publiés après la fin de la réunion mardi soir par les Arabes, qui privilégient l'unité du Mali, et par le Front national de libération de l'Azawad (FNLA), mouvement favorable à l'indépendance de cette région naturelle s'étendant du nord-est au nord-ouest du Mali. Le pays est coupé de fait en deux, avec le nord contrôlé par des groupes armés incluant des rebelles touareg indépendantistes mais surtout des islamistes, et un sud déstabilisé par un coup d'Etat militaire en mars.

Le premier groupe affirme dans son texte "la nécessité de préserver l'intégrité territoriale du Mali et le droit des Arabes de l'Azawad à disposer de leurs droits entiers en tant que citoyens à part entière de l'entité malienne".

Ce groupe a élu un "comité central" qui prêchera l'unité du Mali et oeuvrera au "recouvrement par les Arabes de leurs fonctions civiles et militaires ainsi que de tous leurs droits légitimes". Le comité est présidé par l'ancien ambassadeur Mohamed Mahmoud Ould Eloumrani.

Pour les partisans de l'indépendance, menés par des responsables du FNLA, "les Arabes du Mali n'ont que deux choix difficiles: ou rester au sein d'un Mali en déconfiture ou appartenir à un Azawad en construction en dépit des difficultés inhérentes à tout début". Ils ont dit opter pour le second choix.

Les deux parties ont toutefois souligné la nécessaire unité des Arabes de l'Azawad, le respect réciproque de leurs choix, la non-confrontation entre leurs composantes, le respect des particularités des différentes composantes du territoire de l'Azawad et la condamnation du terrorisme.

Le congrès avait débuté le 3 juin dans la localité mauritanienne de Nbeikett Lehouache. Selon les organisateurs, il visait à chercher "une stratégie conduisant à une sortie de crise équitable et définitive" dans le nord du Mali, où dominent aujourd'hui les islamistes d'Ansar Dine, qui prônent l'application de la charia (loi islamique) et leurs alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

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