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Washington pense avoir éliminé le N°2 d'Al-Qaïda avec un drone au Pakistan

05/06/2012 02:49 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis pensent avoir tué le numéro deux d'Al-Qaïda, le Libyen Abou Yahya al-Libi, dans un bombardement de drone au Pakistan, infligeant ainsi un "revers majeur" à la nébuleuse extrémiste un peu plus d'un an après la mort d'Oussama ben Laden.

Par la voix d'un responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, Washington s'est dit mardi "hautement confiant" dans le fait que Libi était mort, et que sa disparition handicaperait grandement la capacité de la direction d'Al-Qaïda à interagir avec les groupes qui s'en réclament.

De même source, Libi était chargé des opérations d'Al-Qaïda au Pakistan et d'entretenir les contacts avec les différentes branches de l'organisation, notamment Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa).

Libi serait mort à l'occasion d'un tir de drone américain lundi contre des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, principal bastion d'Al-Qaïda dans le monde, qui aurait fait 15 morts du côté des insurgés islamistes.

Ce tir, rapportait le New York Times lundi soir, visait Libi.

Le précédent numéro deux d'Al-Qaïda, Atiyah abd al-Rahman, avait été tué au Pakistan, dans la zone tribale du Waziristan le 22 août. Depuis la mort d'Oussama ben Laden début mai 2011 dans un raid de commandos américains au Pakistan, l'Egyptien Ayman al-Zawahiri, a pris la tête de la nébuleuse.

Abou Yahya al-Libi, un Libyen considéré comme l'un des principaux théoriciens d'Al-Qaïda, était apparu à plusieurs reprises ces dernières années dans des messages vidéos d'Al-Qaïda. Il était considéré comme le grand ordonnateur de la propagande du réseau. En mars 2011, il avait exhorté les rebelles libyens à poursuivre leur offensive contre le régime Kadhafi.

Les tirs de drone sont survenus avant l'aube, sur fond d'intensification des attaques de ces avions sans pilote depuis la conférence de l'Otan à Chicago le mois dernier.

Deux missiles ont été tirés sur une base de rebelles, dans la région de Mir Ali, à 25 km à l'est de Miranshah, la capitale de la région du Waziristan du nord, près de la frontière afghane, ont indiqué des responsables de la sécurité.

Selon le responsable américain, Libi "était le numéro deux d'Al-Qaïda et assumait les fonctions de responsable des opérations dans les zones tribales du Pakistan, ainsi que les contacts avec les groupes affiliés à Al-Qaïda" en dehors du pays.

Selon lui, "les revers infligés à la direction centrale d'Al-Qaïda ces dernières années ont réduit ses effectifs au point qu'il n'y a pas de successeur évident pour endosser les responsabilités (de Libi), ce qui représente une difficulté supplémentaire pour Zawahiri afin de gérer le groupe de façon efficace".

Cette disparition constitue "un revers majeur pour la direction d'Al-Qaïda, en parvenant à supprimer (son) numéro deux par deux fois en moins d'un an, en minant le moral et la cohésion du groupe", a ajouté le responsable, pour qui la mort de Libi rapproche Al-Qaïda "de sa fin, comme jamais auparavant".

Ben Venzke, expert auprès de l'IntelCenter, un centre de surveillance des sites islamistes, juge que "la mort de Libi va être ressentie à travers toute la communauté des +jihadistes+, car c'était l'une des figures les plus visibles parmi tous les groupes qui existent à travers le monde".

Au plan politique, le président américain Barack Obama peut espérer retirer un bénéfice certain de cette opération, à cinq mois de la présidentielle, lui que Mitt Romney vilipende en raison de la faiblesse dont il ferait preuve à l'étranger, selon le candidat républicain.

En revanche, les liens entre Washington et Islamabad risquent fort de connaître une nouvelle dégradation, après les épreuves qu'ont constitué le raid qui avait mené à l'élimination de Ben Laden en mai 2011, la mort de 24 soldats pakistanais, tués par erreur par des frappes américaines en novembre, et le refus du Pakistan de rouvrir les routes de ravitaillement de l'Otan vers l'Afghanistan.

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