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Tunisie: un blogueur en grève de la faim "pour défendre la liberté de la presse"

05/06/2012 01:58 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

Un journaliste du blog collectif tunisien Nawaat, Ramzi Bettaieb, a annoncé mardi qu'il avait entamé une grève de la faim le 28 mai pour "défendre la liberté de la presse" et protester contre la confiscation de ses caméras par la police militaire.

Ramzi Bettaieb, 36 ans, a indiqué à l'AFP qu'il avait entamé sa grève après la confiscation de ses deux caméras lors du procès de l'ex-président Ben Ali et de 22 co-accusés pour leur rôle dans la répression du soulèvement populaire en Tunisie.

L'incident s'est produit le 21 mai alors que le journaliste se trouvait au Kef (nord-ouest) pour la couverture des plaidoiries dans l'affaire des martyrs de Thala et Kasserine devant un tribunal militaire.

"Je suis en grève pour défendre la liberté de la presse, notre seul acquis de la révolution", a déclaré Ramzi Bettaieb, interrogé dans les locaux de Nawaat (Noyau).

"Le militaire qui a privé Ramzi de ses outils de travail nous a privés, nous Tunisiens, de notre droit à l'information", a écrit une de ses collègues, dénonçant le silence des médias locaux.

Cinq autres blogueurs tunisiens ont depuis rejoint Ramzi Bettaieb dans sa grève de la faim, a appris l'AFP au siège de Nawat.

La justice militaire a réitéré pour sa part l'interdiction de filmer les audiences.

Interrogé par l'AFP, le ministre des droits de l'Homme Samir Dilou a indiqué vouloir connaître les circonstances de la saisie des caméras.

"Très bientôt, j'aurai l'occasion d'avoir directement le récit de Ramzi Bettaibi", a-t-il dit.

Ramzi Bettaieb a ajouté que sa grève visait aussi à jeter la lumière sur le sort des centaines de familles de martyrs et blessés de la révolution qui désespèrent de voir la justice rendue.

Il réclame la mise en place d'une "instance totalement indépendante" pour la prise en charge des droits de ces victimes.

Quelque 338 Tunisiens ont été tués et 2.174 blessés durant le soulèvement populaire qui a abouti à la chute de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, selon un bilan gouvernemental publié le 4 mai.

Nawaat a été fondée en 2004 et était censuré en Tunisie jusqu'à la chute de Ben Ali. Le blog a joué un rôle important d'opposition à la dictature et avait couvert les troubles ayant conduit à la chute de Ben Ali.

mh-Bsh/cf/sba

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