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Syrie: assauts de l'armée, la communauté internationale se consulte

05/06/2012 06:20 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

Les forces du régime ont bombardé et pris d'assaut plusieurs localités en Syrie, au prix de six morts, alors que la communauté internationale, divisée, cherche toujours des moyens de faire pression sur le régime du président Bachar al-Assad.

Le président russe Vladimir Poutine a entamé une visite de trois jours en Chine, consacrée en partie à la crise en Syrie. Moscou et Pékin, pour l'instant alliés indéfectibles de Damas, sont opposés à toute intervention armée contre la Syrie, ainsi qu'au renversement du président Assad.

"Sur la question syrienne, la Chine et la Russie sont restées en communication et en coordination étroites à la fois à New York (aux Nations unies: ndlr), Moscou et Pékin", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Liu Weimin lors d'un point de presse.

Sur le terrain, les forces du régime, imperturbables, ont continué leurs offensives tous azimut.

Elles ont pris d'assaut mardi la localité de Kafarzita dans la province de Hama (centre) après trois jours de bombardements, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Un convoi de voitures transportant des milices baptisées les "Sauterelles", y sont entrés ensuite "pour voler maisons et boutiques en l'absence des propriétaires" qui ont fui, selon la même source.

En outre, les forces du régime bombardaient plusieurs localités dont la ville rebelle de Homs (centre), et combattaient les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), dont deux ont péri dans la région de Lattaquié (nord ouest).

A Idleb, proche de la frontière turque, quatre civils ont été tués et d'autres grièvement blessés, lors d'une "vaste opération militaire" menée dans la nuit de lundi à mardi dans la localité de Kafroueid.

Dans ce contexte, les pays occidentaux, qui se heurtent à l'inflexibilité des Russes et des Chinois, tentent de se mobiliser pour faire cesser les violences qui ont fait au moins 13.400 morts depuis près de 15 mois.

"Avec nos partenaires internationaux, nous nous concentrons sur la préparation de la transition politique en Syrie", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, avant de s'indigner du fait que le régime de Damas nie les massacres auxquels il a "participé".

"C'est pourquoi il est essentiel que la communauté internationale se rassemble et s'unifie pour (...) isoler Assad", a ajouté M. Carney.

M. Assad a qualifié dimanche, lors d'un discours télédiffusé, de "monstres" les auteurs du massacre de Houla (centre) qui a fait 108 morts le 25 mai.

La rébellion et le régime se sont rejeté la responsabilité du carnage de Houla, alors qu'un haut responsable de l'ONU a dit que "de forts soupçons" pesaient sur les milices pro-régime.

"Il y a beaucoup de choses prévues sur le plan international cette semaine en ce qui concerne la Syrie", a annoncé Mark Toner, porte-parole du Département d'Etat, soulignant notamment que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton rencontrerait vendredi à Washington le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan.

Selon diplomates et experts, M. Annan, qui s'adressera jeudi à New York au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale de l'ONU, commence à entrevoir l'échec de son plan, et souhaite que la communauté internationale pèse de tout son poids pour faire respecter son plan ou qu'elle trouve un "plan B" pour résoudre la crise.

Autre occasion pour les puissances internationales de se consulter sur la Syrie, le Forum ministériel de lutte contre le terrorisme réunira à Istanbul des représentants d'une trentaine de pays jeudi et vendredi, en présence notamment de Mme Clinton.

Lundi, un groupe d'opposants syriens a annoncé dans cette ville la création d'une nouvelle structure militaire visant à renverser le régime d'Assad, le Front des révolutionnaires syriens (FRS), revendiquant 12.000 combattants dans tout le pays.

Le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition syrienne, va désigner lors de réunions à Istanbul les 9 et 10 juin un nouveau chef pour remplacer Burhan Ghalioun, démissionnaire.

bur-rm/cnp

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