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Pékin critique les relevés de pollution de l'air de l'ambassade des États-Unis

05/06/2012 11:29 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

PÉKIN, Chine - La Chine a demandé mardi aux ambassades étrangères de cesser de publier leurs propres estimations de la qualité de l'air dans le pays. La critique vise surtout le compte Twitter très suivi de l'ambassade des États-Unis, qui diffuse ses relevés de pollution à Pékin.

Seul le gouvernement chinois est autorisé à surveiller et à communiquer des informations sur la qualité de l'air parce que les données provenant d'autres sources ne sont pas forcément rigoureuses, a expliqué le vice-ministre de l'Environnement, Wu Xiaoqing, devant la presse.

La Chine conteste depuis longtemps, mais jusque-là discrètement, les relevés de l'ambassade américaine sur la pollution à Pékin, auxquels plus de 19 000 personnes sont abonnées sur Twitter depuis 2008. Les consulats américains à Shanghaï et à Canton font la même chose.

Ces fils Twitter fonctionnaient normalement mardi. Un porte-parole de l'ambassade des États-Unis à Pékin, Richard Buangan, a déclaré que les relevés de la qualité d'air autour des représentations diplomatiques étaient destinés à l'information des Américains vivant dans la capitale, à Shanghaï et à Canton.

Les relevés de la qualité de l'air à Pékin se fondent sur les seules données fournies par une station de surveillance installée dans l'enceinte de l'ambassade. Quant aux niveaux de pollution, ils sont évalués selon l'échelle fixée par l'Agence américaine de protection de l'environnement, plus sévère que celle du gouvernement chinois.

Par exemple, l'ambassade américaine faisait état mardi de 47 microgrammes de particules fines dans l'air et jugeait ce niveau «nocif pour la santé des groupes sensibles». Les 27 stations de surveillance du Bureau de la protection de l'environnement de Pékin enregistraient des niveaux situés entre 51 et 79 microgrammes, mais les qualifiait de «bons».

La Chine estime que la concentration de particules fines dans l'air ne doit pas dépasser les 75 microgrammes par mètre cube, soit plus de deux fois le plafond de 35 microgrammes fixé par l'Agence américaine de protection de l'environnement.

Les particules fines sont considérées comme dangereuses car elles pénètrent profondément dans les poumons. Un lien a été établi avec l'augmentation des maladies cardio-vasculaires et respiratoires ainsi que du cancer du poumon.

Le gouvernement chinois n'a commencé à fournir des relevés que cette année, après des années de critiques intérieures et étrangères sur le manque de transparence concernant la qualité de l'air en Chine. Mais le gouvernement chinois ne semble pas prêt à accepter des relevés concurrents, surtout quand ils soulignent que des niveaux de pollution jugés nocifs aux États-Unis sont considérés comme «bons» en Chine. Des Chinois se servent en outre des relevés américains pour exiger du gouvernement des données plus détaillées sur la pollution.

Le vice-ministre de l'Environnement a affirmé qu'on ne pouvait pas juger la qualité de l'air chinois selon des critères américains, parce que la Chine est un pays en développement et que les États-Unis ont relevé la barre au fil des années. Il a ajouté que les diplomates étrangers devaient se conformer à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et aux lois chinoises.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin, a fait écho à cette position. «Bien sûr, si les ambassades étrangères veulent collecter des informations sur la qualité de l'air pour leur personnel ou leurs diplomates, cela les regarde, mais nous estimons que ces informations ne devraient pas être rendues publiques», a-t-il lancé lors d'un point de presse régulier.

Le plus haut responsable environnemental de Shanghaï s'est également exprimé sur la question durant le week-end, déclarant aux médias locaux que le compte Twitter sur la qualité de l'air ouvert le mois dernier par le consulat américain était illégal.

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