OTTAWA - Une conférence de presse donnée en 2010 par le gouvernement conservateur afin d'annoncer son projet d'acheter 65 avions furtifs F-35 a coûté plus de 47 000 $ aux contribuables, selon des documents présentés au Parlement.

Le montant a été divulgué par le ministre de la Défense, Peter MacKay, dans une réponse écrite à une question posée par l'opposition.

Le porte-parole libéral en matière de défense, John McKay, voulait avoir des détails sur l'événement durant lequel M. Mackay, la ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, et le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, ont été photographiés à côté d'une maquette grandeur nature d'un F-35 fabriqué par l'entreprise Lockheed Martin.

Selon la réponse du ministre de la Défense, le manufacturier a offert le modèle et l'a transporté par camion jusqu'à Ottawa gratuitement.

M. Clement a déclaré après la période des questions mardi que l'argent avait été bien dépensé, soutenant que le gouvernement avait l'obligation de communiquer ses décisions.

Jay Paxton, un porte-parole de Peter MacKay, a indiqué que près de la moitié des 47 313 $ déboursés par le ministère de la Défense avait été versée à la compagnie d'audiovisuel qui a aidé à organiser la conférence de presse.

Il a ajouté que ces dépenses étaient nécessaires en raison de la présence d'un grand nombre de médias nationaux et d'une centaine d'invités.

Lundi, Mme Ambrose avait redirigé les questions à ce sujet vers le ministère de la Défense en affirmant que son ministère n'avait pas été impliqué dans l'affaire.

En raison de l'absence de M. Mackay, présentement à une conférence militaire en Extrême-Orient, c'est le ministre associé à la Défense, Julian Fantino, qui a dû défendre la conférence de presse à la Chambre des communes.

«L'annonce du remplacement de la flotte vieillissante de CF-18 du Canada était considérée comme importante et nécessaire pour assurer que le public, les médias et l'industrie étaient au courant de cette décision», a déclaré M. Fantino.

«Le coût de cette annonce a été rapporté à plusieurs reprises, notamment dans de précédentes réponses à des questions écrites.»

Depuis leur arrivée au pouvoir en 2006, les conservateurs ont souvent utilisé la pause estivale du Parlement pour attirer l'attention sur une ou même deux nouvelles liées aux Forces armées canadiennes.

La conférence du 16 juillet 2010 visait seulement à annoncer l'intention du gouvernement de conclure un accord pour l'acquisition des F-35 et non la signature du contrat.

Les photos et les vidéos réalisées à cette occasion, qui montrent entre autres le ministre MacKay assis dans la cabine de pilotage de l'avion, ont été réutilisées presque à chaque fois que les controversés appareils ont fait les manchettes.

Les libéraux soutiennent que c'est bien cher payé pour un cliché.

«Ces 47 000 $ ont été dépensés pour que le ministre pose son postérieur dans l'avion et sourie devant les caméras», a lancé John McKay.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a quant à lui saisi l'occasion pour accuser le gouvernement d'être plus intéressé à se faire du capital politique qu'à fournir de l'équipement à l'armée.

«Nous avons des milliards de dollars gaspillés en raison de la mauvaise gestion du processus d'approvisionnement, des dizaines de milliers de dollars dilapidés pour une séance de photographie et la stratégie complète de la Défense est maintenant de retour sur la planche à dessin», a dénoncé Jack Harris, porte-parole du NPD en matière de défense, en faisant référence à la récente décision des conservateurs de revoir leur liste d'achats militaires.

Cette nouvelle sur la conférence de presse des F-35 survient alors que le gouvernement fait l'objet de critiques pour avoir tenté de dissoudre un comité de la Chambre des communes chargé d'enquêter sur les commentaires faits par le vérificateur général du Canada au sujet de l'acquisition des avions furtifs.