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Levinoff-Colbex: le syndicat veut récupérer les sommes dues aux travailleurs

05/06/2012 05:40 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le syndicat des travailleurs de Levinoff-Colbex déplore l'absence de paie pour la dernière semaine travaillée et s'interroge sur les efforts de relance du dernier abattoir de bovins de réforme d'envergure au Québec.

La section locale du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce est revenue à la charge, mardi, dénonçant avec véhémence la fermeture, qu'elle qualifie de «sauvage».

Selon le syndicat, les 170 travailleurs de l'abattoir Levinoff-Colbex de Saint-Cyrille de Wendover, en Mauricie, se sont vu refuser l'accès à leur usine, mardi de la semaine dernière, avant d'apprendre qu'ils ne seraient pas payés pour leur dernière semaine travaillée. Les 110 travailleurs de la salaison de Levinoff-Colbex à Montréal sont dans la même situation.

Les travailleurs auraient été avisés la veille en fin de journée de la fermeture pour une durée indéterminée.

Le président du syndicat, Mario Maisonneuve, ajoute que les travailleurs n'ont pas reçu d'avis de mise à pied «en plus de voir leur paie de vacances bloquée», une façon de faire jugée «insultante».

M. Maisonneuve a mentionné que le séquestre a confirmé samedi au syndicat «qu'il n'y avait pas un sou pour payer les travailleurs».

«Nous sommes très fâchés et choqués de la situation. Qu'une entreprise ferme ses portes est une chose, mais qu'on ne paie pas les gens qui ont travaillé dans un milieu qui est aussi dur que les abattoirs, on trouve ça très, très ordinaire», a-t-il commenté.

Le président du syndicat soutient que la section locale 1991-P mettra tout en oeuvre afin de récupérer les «montants dus» aux travailleurs. De plus, le syndicat organisera très prochainement une manifestation afin de dénoncer ces actes.

Le leader syndical a dit vouloir rencontrer le ministre de l'Agriculture, Pierre Corbeil, et le ministre du Développement économique, Sam Hamad, afin de leur parler d'une relance de l'entreprise.

M. Maisonneuve a fait valoir qu'il s'agit du seul véritable abattoir de bovins de réforme au Québec et que les producteurs devront se tourner vers l'Ontario si ces installations ferment de façon définitive.

«C'est pratiquement le seul abattoir dans tout l'est du pays. Tous les producteurs vont être obligés de faire abattre leurs bêtes en Ontario. C'est la seule entreprise du genre qui reste au Québec», a-t-il fait valoir.

Le président du syndicat a dit avoir été en discussions vendredi avec le bureau du ministre Corbeil, sans qu'il y ait de «débouchés». Il veut revenir à la charge cette semaine auprès du ministre, de même qu'auprès de l'Union des producteurs agricoles (UPA).

«C'est une chose de payer leur dû aux travailleurs, puis est-ce qu'on peut regarder pour relancer une telle entreprise?» a dit M. Maisonneuve.

Lundi de la semaine dernière, la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ) annonçait que l'abattoir Levinoff-Colbex avait suspendu ses activités pour une durée indéterminée.

Dans un communiqué, la FPBQ précisait que la situation financière de l'entreprise d'abattage de bovins de réforme ne lui permettait plus de poursuivre ses activités.

La FPBQ, actionnaire de l'entreprise, disait vouloir tenter d'assurer la stabilité financière de Levinoff-Colbex «de concert avec les instances gouvernementales concernées». La Fédération disait souhaiter le maintien d'une capacité d'abattage au Québec.

Mais vendredi dernier, un séquestre a été désigné par le tribunal à la demande des créanciers. Le syndic RSM Richter gère tout le processus et prend les décisions pour la suite des choses.

La FPBQ est devenue actionnaire de Levinoff-Colbex en 2006 après que le marché de la vache de réforme (vache laitière abattue pour sa viande) se soit effondré dans la foulée de la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle).

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