Les 600 employés de la Commission de la construction du Québec (CCQ) ont déclenché la générale illimitée à minuit une minute mardi, après que le conseil d'administration de la CCQ eut rejeté lundi soir l'hypothèse de règlement proposée par le conciliateur.

« C'est une décision irresponsable de la part de la CCQ, et qui va causer beaucoup de tort à l'industrie de la construction », a déclaré le directeur général du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-Québec), Serge Cadieux, par voie de communiqué.

La semaine dernière, les 600 employés de la CCQ avaient rejeté à 86 % la dernière offre patronale et s'étaient prononcés en faveur d'une grève générale illimitée.

En réaction, la direction avait décrété un lock-out de deux jours « devant l'absence de volonté » du syndicat « de négocier de bonne foi le renouvellement de leur convention collective ».

En raison de la reprise des négociations samedi dernier, le syndicat avait décidé de repousser le déclenchement de la grève prévu dimanche et s'était « dit prêt à recommander [à ses membres] l'acceptation de cette hypothèse de règlement » proposée par le conciliateur. Un règlement du conflit de travail semblait alors possible.

Mais devant le refus du conseil d'administration, le syndicat prévoit donc tenir des piquets de grève mardi matin devant les bureaux régionaux de la CCQ un peu partout dans la province.

Québec doit « prendre ses responsabilités »

Serge Cadieux appelle le gouvernement du Québec à prendre ses responsabilités afin d'éviter que le conflit cause des perturbations importantes dans l'industrie de la construction, notamment dans l'inspection des chantiers.

Il soutient que la proposition du conciliateur « respectait en tous points les paramètres financiers imposés par le Conseil du Trésor et acceptés par l'ensemble des secteurs public et parapublic ».

« La loi est très claire : à partir du moment où les mandats et les paramètres financiers autorisés par le Conseil du Trésor sont respectés, ni la CCQ ni son conseil d'administration n'ont la latitude d'imposer un règlement à l'extérieur de ce cadre », a-t-il fait valoir.

Le directeur général du syndicat demande que la présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux, soit « rappelée à l'ordre » par le gouvernement.

« La PDG Diane Lemieux est en train de saboter les efforts du gouvernement pour faire le ménage dans l'industrie de la construction. Son mandat, c'est de gérer l'industrie, un des secteurs clés de l'économie québécoise, pas de mettre le feu dans la maison », a-t-il conclu.