NOUVELLES

La Syrie autorise les équipes humanitaires à se rendre dans quatre provinces

05/06/2012 02:31 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

GENÈVE - Le régime syrien a accepté, mardi, de permettre aux travailleurs humanitaires de se rendre dans quatre des provinces du pays les plus touchées par les violences, un espoir de soulagement pour les milliers de Syriens qui ont besoin d'une aide urgente, ont annoncé des responsables.

Mais au même moment, le régime du président Bachar el-Assad a accru son isolement international en expulsant les diplomates américains et européens de son territoire, en représailles à l'expulsion des diplomates syriens par plusieurs pays occidentaux la semaine dernière.

L'accord humanitaire prévoit que la Syrie fournira des visas à un nombre non précisé de travailleurs humanitaires provenant de neuf agences des Nations unies et de sept organisations non gouvernementales.

L'accord doit permettre de livrer de la nourriture, des médicaments et d'autres articles de première nécessité aux Syriens dans le besoin, a expliqué John Ging, directeur des opérations au Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

Mais les responsables se sont empressés de préciser qu'ils ne déclareraient pas victoire tant que le régime syrien n'aurait pas traduit ses promesses en actes.

M. Ging espère qu'il faudra «quelques jours et non quelques mois» avant que les équipes humanitaires puissent accéder aux provinces de Daraa, de Deir el-Zour, de Homs et d'Idlib. Il a exhorté la Syrie à respecter sa part de l'accord.

«Il faudra quelques jours pour savoir s'il s'agit vraiment d'une avancée décisive, et cela ne se mesurera pas en termes de rhétorique ou en termes d'accord, mais par les actions sur le terrain», a souligné M. Ging après une réunion à huis clos à Genève pour discuter de la situation humanitaire en Syrie.

À cause de la difficulté à obtenir des visas d'entrée en Syrie et des tracas aux douanes, les Nations unies peinent à acheminer de l'aide humanitaire aux Syriens depuis le début de la crise. Pour l'instant, l'aide est majoritairement distribuée par l'entremise du Croissant-Rouge syrien.

L'ONU a lancé le Forum humanitaire sur la Syrie, réunissant des diplomates qui négocient pour obtenir un accès au territoire syrien. Selon M. Ging, l'accord conclu avec le gouvernement syrien est «une étape de progrès».

De nombreux Syriens ont besoin d'une aide d'urgence à cause des blessures subies dans les violences ou parce qu'ils ont perdu leur emploi ou leur maison, a précisé M. Ging.

Plus de 78 000 Syriens réfugiés en Irak, en Jordanie, au Liban et en Turquie ont aussi besoin d'aide, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Sur le terrain, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui dispose d'un réseau de sources en Syrie, a affirmé mardi que 113 soldats syriens avaient été tués dans des affrontements avec les rebelles depuis vendredi. Ce bilan est impossible à confirmer de source indépendante, mais l'agence de presse officielle SANA a déclaré que 80 soldats avaient été tués par des rebelles au cours des derniers jours.

Au moins 22 autres soldats ont été tués dans des combats avec des rebelles dans la province de Lattaquié, selon des militants. Les combats se sont concentrés autour de la ville de Haffa et sont parmi les plus violents dans la province depuis le début du soulèvement.

Les rebelles ont détruit six véhicules militaires, dont des chars et des véhicules blindés de transport de troupes, a précisé l'Observatoire. Deux civils et six rebelles ont également été tués, selon l'organisation.

Le directeur de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman, a affirmé que l'armée syrienne avait de plus en plus recours aux hélicoptères pour pilonner les villes et les villages parce que les rebelles attaquent ses chars avec des moyens de plus en plus sophistiqués.

PLUS:pc