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Jugé à Paris pour corruption au Nigeria, un ex-cadre de Sagem se dit menacé

05/06/2012 11:24 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

Un ancien cadre français du groupe Sagem (aujourd'hui Safran), jugé à Paris pour avoir corrompu des fonctionnaires au Nigeria afin d'obtenir en 2001 un énorme marché, a affirmé mardi qu'il préférait taire des noms et des faits, ayant reçu des "menaces directes".

Le tribunal juge depuis lundi le groupe français d'électronique et de défense Safran (ex-Sagem) et deux cadres, accusés d'avoir corrompu des fonctionnaires nigérians pour obtenir un contrat de 214 millions de dollars (171 millions d'euros) correspondant à la fourniture de 70 millions de cartes d'identité.

Jean-Pierre Delarue, 65 ans, était à l'époque expatrié au Nigeria comme "ingénieur commercial", en relations avec des représentants des autorités nigérianes. Répondant de façon souvent évasive aux questions précises des magistrates, il a plusieurs fois déclaré pour sa défense: "On ne touche pas aux affaires de corruption au Nigeria. On n'en sort pas vivant".

Le prévenu a présenté le Nigeria comme un pays "difficile", "très trouble", en lançant: "des menaces directes, je n'en avais jamais reçues ailleurs, et un client abattu, ça ne m'est arrivé qu'au Nigeria". A la juge qui demandait s'il pensait aussi "devoir faire attention à ce qu'il disait, dans cette salle d'audience à Paris", il a répondu: "je pense avoir été clair avec vous".

Par ailleurs, M. Delarue n'a pas cessé de déplorer le fait que ses supérieurs hiérarchiques ne soient pas jugés en même temps que lui, à part l'ancien directeur à Paris du département "systèmes d'identification", François Perrachon, 57 ans, aujourd'hui directeur commercial de Morpho (ex-Sagem sécurité).

Le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke avait conclu qu'il n'était "pas prouvé" que les différents supérieurs hiérarchiques des deux hommes avaient "eu personnellement connaissance des faits de corruption". Safran est cependant poursuivi comme personne morale, pour avoir "avalisé les paiements effectués au titre des commissions".

L'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo avait affirmé en 2005 que des responsables de Sagem avaient versé des pots-de-vin allant de 30.000 à 500.000 dollars (24.000 à 400.000 euros).

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