Les sœurs Boulay : une seule voix

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Les soeurs Boulay (Crédit photo: Jean-François Cyr)
Les soeurs Boulay (Crédit photo: Jean-François Cyr)

MONTRÉAL - Bien qu'elles travaillent comme choristes auprès d'artistes établis (Kevin Parent, Michel Rivard) depuis déjà quelques années, Mélanie et Stéphanie, plus connues sous le nom des sœurs Boulay, illuminent soudainement le paysage musical québécois. À l'aube de leur participation aux FrancoFolies de Montréal, les deux gaspésiennes devenues montréalaises d'adoption mettent en mots leur parcours musical inespéré.

Révélées récemment au public par leur participation victorieuse aux Francouvertes 2012, les jeunes femmes de 25 et 22 ans n'ont pourtant pas volé leur popularité soudaine, qui les a plongé dans un véritable tourbillon professionnel et médiatique.

« Dès l'âge de 6 ans nous étions dans la musique. On a commencé dans une chorale amateure. Depuis, nous n'avons jamais cessé de chanter », raconte Mélanie, celle à la brune coiffure. « Ces dernières années, on a fait plusieurs collaborations. J'ai par exemple un band rock qui s'appelle Mélanie Boulay. C'est pour le plaisir, mais ça permet quand même d'explorer et de m'amuser. »

Hormis leur talent certain, Éric Goulet (Monsieur Mono, Les Chiens, puis réalisateur reconnu qui a fait différents albums dont trois de Vincent Vallières) n'est pas étranger non plus à leur succès, étant donné sa collaboration à l'enregistrement de leur mini-disque paru à l'hiver. Ce dernier, convaincu qu'elles avaient déjà tout le talent nécessaire, les a convaincues qu'elle devait conserver la fraicheur de leur duo, qui met en avant-plan les harmonies vocales (étonnantes), des textes aigres-doux et une signature guitare-ukulélé-voix épurée. « À la suite des Francouvertes, nous avons eu toute sorte de commentaires, tant positifs que négatifs. D'un côté, on nous trouve authentiques, rafraîchissantes, inspirées, et de l'autre, on nous qualifie de trop roses, plates et mièvres. On a décidé de miser sur ce qu'on fait de mieux, et surtout de jouer pour les gens qui apprécient notre travail. Éric nous a incité à développer cette formule simple », explique Stéphanie. L'harmonie « En plus, c'est ce que nous avons envie de faire, pour l'instant. Un style minimaliste, sucré-amer, porté par nos voix. Bien qu'on hésite parfois à dire que c'est country (on a qu'à penser à la chanson « Lola en confiture »), nous sommes d'accord pour affirmer que notre musique en porte quelques couleurs, qui se mêlent au folk et à la pop. Mais on est ouvertes à ce que notre style évolue. Par contre, le spectacle aux Francos, tout comme l'album à venir en hiver 2013, sera consacré à cette approche qui favorise l'harmonie vocale. Le plus important, c'est d'avancer ensemble », poursuit la blonde, en regardant sa soeur. « On a décidé de livrer, jusqu'en septembre, des spectacles dans lesquels nous iront à l'essentiel, soit un trip de sœurs, sans artifices », affirme Mélanie. À l'automne, on va entamer la pré-production de notre premier disque complet, qui devrait ressembler à ce qu'on offre en ce moment. Après, nous verrons. L'enrobage peut changer... » Aujourd'hui, les compositions des sœurs Boulay respirent la terre, la route, la plaine, l'errance, la complicité, la légèreté, l'amour. Il y aurait même une odeur de pêche, cachée quelque part ! Une complicité qui rappelle quelque peu le travail de Kate et Anna McGarrigle. Une aventure qui fera du bien aux festivaliers montréalais et fort probablement à des milliers d'autres spectateurs aux quatre coins du Québec lors de leur éventuelle tournée estivale qui implique déjà une trentaine de concerts. Mélanie et Stéphanie Boulay, sur la scène du pub urbain Molson M, le 8 juin, à 17h.