NOUVELLES

Au moins seize morts dans des combats entre zaïdites et salafistes au Yémen

05/06/2012 10:47 EDT | Actualisé 05/08/2012 05:12 EDT

Au moins douze salafistes et quatre rebelles zaïdites, qui appartiennent à une branche du chiisme, ont été tués ces derniers jours dans des combats dans le nord du Yémen, ont indiqué mardi des responsables des deux groupes.

"Quatre de nos hommes ont été tués et six autres blessés dans des affrontements samedi avec des miliciens salafistes à Al-Qobaaf", à l'est de Saada, a déclaré à l'AFP le porte-parole des zaïdites, Mohamed Abdessalam.

"Nous contrôlons totalement la situation" après ces combats, a-t-il assuré, indiquant que les hostilités avaient été déclenchées par "un groupe de salafistes à la solde de l'Arabie saoudite".

"L'Arabie saoudite est directement responsable des incidents", qui surviennent par intermittence dans la province de Saada, fief de la rébellion zaïdite, a accusé le porte-parole.

Il a par ailleurs démenti que la rébellion reçoive une aide de l'Iran chiite, notamment en armes.

"Ces accusations récurrentes sont sans fondement. Nous démentons encore une fois recevoir des armes d'Iran", a déclaré le porte-parole, ajoutant que la rébellion "se procure des armes sur le marché local" au Yémen où la population est surarmée.

Un porte-parole des salafistes, Sourour al-Wadihi, a confirmé les combats, indiquant que son groupe avait perdu douze hommes ces trois derniers jours.

Il a accusé la rébellion d'attaquer son groupe pour "tenter d'étendre son influence sur le terrain" dans la province de Saada et au delà, notamment dans les provinces de Hijja, Jouf et Marib.

Depuis fin 2011, les affrontements entre les zaïdites et des fondamentalistes sunnites tentant de prendre le contrôle de certaines régions du Nord ont fait des dizaines de morts.

Les rebelles zaïdites se sont soulevés en 2004 contre la marginalisation dont ils se disent victimes sur les plans politique, social et religieux. Les combats avec l'armée ont fait des milliers de morts avant un cessez-le-feu en février 2010.

Le zaïdisme est une branche du chiisme dont la plupart des adeptes résident au Yémen, où ils sont minoritaires dans un pays à majorité sunnite. Depuis quelques années, les zaïdites ont commencé à exprimer des revendications politiques sous la conduite de leur chef Abdel Malek al-Houthi.

Ces nouveaux combats sont survenus quelques jours après l'annonce par la rébellion zaïdite qu'elle acceptait de participer au dialogue national lancé dans le cadre de l'accord politique parrainé par les monarchies du Golfe notamment, qui a permis le départ en février de l'ancien président Ali Abdallah Saleh.

"Nous avons donné notre accord pour participer au dialogue national", a dit M. Abdessalam, tout en affirmant que ce dialogue devrait "se dérouler sans tutelle étrangère".

Le dialogue national doit englober toutes les composantes politiques, dont les autonomistes du sud, mais pas les membres d'Al-Qaïda.

La date et la calendrier de ce dialogue n'ont pas encore été annoncés.

bur/tm/vl

PLUS:afp