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Violences intercommunautaires en Birmanie: le gouvernement appelle au calme

04/06/2012 08:46 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

RANGOON, Myanmar - Le gouvernement birman a mis en garde contre les activités «anarchiques», lundi, après que 10 musulmans eurent été battus à mort dans une région du pays connue pour ses affrontements intercommunautaires, et après un affrontement entre des manifestants et la police qui a fait une dizaine de blessés dans la même région.

Les deux incidents se sont produits dimanche dans l'État de Rakhine, dans le nord-ouest de la Birmanie, une région éloignée où les relations entre bouddhistes et musulmans sont tendues. La télévision publique a averti que ceux qui enfreignent la loi pourraient être poursuivis.

Selon le reportage de la télévision publique, 300 personnes ont intercepté un minibus qui transportait des musulmans de retour d'un rassemblement religieux à Taunggup, à 300 kilomètres au nord de Rangoon. Les assaillants ont sorti les 10 passagers du véhicule, les ont battus à mort, et ont incendié le minibus.

Des tracts antimusulmans ont été distribués à Taunggup en lien avec le viol et le meurtre d'une jeune fille de la région le mois dernier, supposément par trois jeunes musulmans, a indiqué la télévision publique.

Les conflits ethniques sont une importante cause d'instabilité en Birmanie. Ils impliquent généralement des minorités qui vivent le long des frontières est et nord du pays, et qui combattent le gouvernement pour réclamer l'autonomie.

Dans l'État de Rakhine, près de la frontière avec le Bangladesh, les relations entre bouddhistes et musulmans sont souvent tendues. La majorité des résidants de l'État sont des bouddhistes issus de l'ethnie rakhine, mais on compte aussi un grand nombre de musulmans, en particulier dans le nord de l'État.

La télévision publique a également rapporté qu'une foule en colère avait attaqué un commissariat de police pour demander la libération d'un homme arrêté lors d'une dispute dans un marché à Sittwe, capitale de l'État de Rakhine. Douze personnes ont été blessées dans l'affrontement, et la police a arrêté neuf suspects.

Selon la télévision, la police a eu recours à des bombes fumigènes pour disperser la foule, après avoir tiré en l'air pendant plusieurs heures pour faire fuir les manifestants. Des résidants ont rapporté avoir entendu plusieurs coups de feu, mais selon les autorités, les 12 personnes blessées souffrent de coupures et d'ecchymoses.

Les incidents ont été rapportés sur le site Internet du ministère birman de l'Intérieur, qui a été lancé lundi. Le gouvernement réformateur du président Thein Sein tente de montrer son ouverture pour attirer les investisseurs étrangers, après des années d'isolement sous le régime militaire.

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