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Tunisie: refus d'expertise psychiatrique pour l'auteur des caricatures de Mahomet

04/06/2012 02:38 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Un tribunal de Monastir (est) a refusé lundi une demande d'expertise sur l'état psychiatrique d'un Tunisien condamné fin mars à sept ans et demi de prison pour avoir publié sur internet des caricatures licencieuses de Mahomet, a indiqué à l'AFP son avocate.

"La Cour d'appel a refusé notre demande d'expertise médicale et a renvoyé l'affaire pour plaider au 18 juin", a déclaré Me Bochra Belhaj Hmida.

Jabeur Mejri, originaire de la ville côtière de Mahdia (160 km au sud de Tunis) comparaît en appel après sa condamnation le 28 mars à sept ans et demi de prison pour "trouble à l'ordre public, préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale".

Sur sa page Facebook, le jeune homme avait posté des caricatures du prophète Mahomet jugées "choquantes" y compris par ses défenseurs. Il avait été jugé en première instance avec un autre homme de Mahdia, Ghazi Béji, condamné par défaut à la même peine après avoir trouvé refuge en Europe.

A l'ouverture de son procès en appel Jabeur avait demandé la clémence du juge, ses avocats espérant un acquittement sur la base d'une expertise médicale prouvant des troubles psychiatriques de leur client.

"Nous estimons qu'il n'y a pas de troubles à l'ordre public dans cette affaire", avait souligné Me Belhaj Hmida, soulignant la très faible notoriété de la page Facebook où les caricatures ont été publiées.

Selon elle, Jabeur Mejri "n'est pas un athée au sens idéologique du terme, c'est plutôt un jeune désespéré qui a commis un geste suicidaire".

L'affaire qui n'a pas eu grand écho dans les médias tunisiens avait été révélée par des blogueuses tunisiennes début avril. L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch avait demandé l'abrogation des lois datant de l'ère Ben Ali qui ont permis la condamnation des deux jeunes.

Bsh/sba

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