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Soudan du Sud: 4 mds USD de fonds publics ont été détournés, dit le président

04/06/2012 11:19 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Quatre milliards de dollars (3,2 mds EUR) ont été détournés des caisses publiques sud-soudanaises par des responsables, d'anciens responsables ou des individus en lien avec le pouvoir, affirme le président sud-soudanais, Salva Kiir, dans une lettre ouverte aux "responsables corrompus" de son pays.

"Environ 4 milliards de dollars ont disparu ou, pour le dire simplement, ont été volés par des responsables, d'anciens responsables et des individus corrompus ayant des liens étroits avec des responsables gouvernementaux," dénonce le chef de l'Etat dans ce document rendu public lundi par son service de presse.

"La plupart des fonds ont été sortis du pays et déposés sur des comptes étrangers," poursuit-il, promettant d'amnistier ceux qui rendraient l'argent. Le Soudan du Sud a même ouvert, en prévision de retours, un compte au Kenya.

"Je vous écris pour vous encourager à rendre ces fonds volés (entièrement ou partiellement) sur ce compte," dit M. Kiir.

"La population sud-soudanaise et la communauté internationale s'alarment du niveau de corruption au Soudan du Sud," poursuit-il, appelant à prendre les décisions qui s'imposent pour "sauver notre pays de la crise à laquelle il fait face et aider les millions (de personnes) qui ont un besoin désespéré d'aide médicale et d'éducation".

"Nous nous sommes battus pour la liberté, la justice et l'égalité," conclut Salva Kiir. "Nombre de nos frères sont morts pour ces objectifs. Cependant, une fois au pouvoir, nous avons oublié ce pourquoi nous avons combattu et avons commencé à nous enrichir aux dépens du peuple".

Juba, que des décennies de guerre civile ont dans le passé opposé à Khartoum, a acquis son indépendance en juillet 2011.

La situation économique du Soudan du Sud, l'un des pays les plus pauvres au monde, est d'autant plus critique que Juba a décidé, en conflit avec Khartoum sur le partage des ressources pétrolières du Soudan d'avant partition, de stopper sa production de brut en janvier. Cette production assurait 98% de ses revenus.

Depuis, la dépréciation de la monnaie a renchéri les importations et l'inflation galope. Début mars, la Banque mondiale a averti que faute de rouvrir les vannes du pétrole, Juba pourrait se retrouver dès juillet à court de liquidités.

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