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Ravitaillement de l'Otan: une ministre pakistanaise veut des excuses des USA

04/06/2012 08:03 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Washington doit s'excuser pour le raid de novembre 2011 qui a tué 24 soldats pakistanais pour obtenir la réouverture de routes de ravitaillement de l'Otan vers l'Afghanistan, affirme dans un entretien publié lundi la ministre pakistanaise des Affaires étrangères.

Le Pakistan interdit le passage des convois routiers de l'Otan sur son territoire depuis six mois en représailles à la mort de 24 de ses soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines contre un poste frontière pakistanais à Salala.

"C'est quelque chose qui aurait dû être fait le jour-même où cet incident a eu lieu, et c'est quelque chose qu'un partenariat non seulement demande, mais plus encore requiert", déclare Hina Rabbani Khar dans la revue Foreign Policy, évoquant des excuses de Washington.

Une commission représentative du Parlement pakistanais avait officiellement formulé une demande d'excuses en mars, à laquelle les Etats-Unis n'ont pas répondu.

Malgré le contexte politique américain --Barack Obama, en pleine campagne pour sa réélection, risquant de s'exposer aux critiques de son adversaire républicain Mitt Romney s'il s'excusait--, Hina Rabbani Khar assure que les Etats-Unis devraient s'en tenir à leurs principes et faire "ce que nous pensons être juste, plutôt que ce qui est le plus populaire".

Elle a également pointé qu'au Pakistan, les contingences politiques poussaient à "ne pas bouger" sur la question de l'éventuelle réouverture des routes de l'Otan.

"Si j'étais un conseiller politique du Premier ministre, c'est ce que je lui conseillerais de faire. Mais je ne lui conseille pas de le faire. Premièrement, parce que je ne suis pas un conseiller politique. Et deuxièmement, parce que ce qui est en jeu est beaucoup plus important pour le Pakistan que de remporter une élection", poursuit-elle.

Evoquant aussi le cas du médecin pakistanais qui a aidé la CIA à débusquer Oussama ben Laden au Pakistan et qui a été condamné en première instance par un tribunal tribal à 33 ans de prison --une condamnation dénoncée aux Etats-Unis--, la ministre pakistanaise souligne qu'elle ne souhaite pas que cette affaire "jette un froid dans les relations" entre Washington et Islamabad.

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