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Nouveaux combats en Syrie, la crise au menu du sommet UE-Russie

04/06/2012 05:14 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Des combats meurtriers ont opposé lundi soldats et rebelles en Syrie après la détermination affichée par le président Bachar al-Assad de mettre fin "à n'importe quel prix" à la crise qui sera au menu du sommet entre la Russie et l'Union européenne.

Les dirigeants européens tenteront à Saint-Pétersbourg de convaincre Moscou d'infléchir son soutien au pouvoir syrien, sachant que le président russe Vladimir Poutine a écarté de nouveau toute sanction de l'ONU contre le régime de même que le départ de M. Assad, réclamé par l'UE et les Etats-Unis.

Fort de cet appui jusqu'à présent indéfectible, le président syrien, inébranlable, a réaffirmé dimanche dans son premier discours depuis janvier sa détermination à écraser la révolte populaire qui a éclaté dans la foulée du Printemps arabe en mars 2011.

Ne reconnaissant toujours pas l'ampleur de la contestation, il a prévenu qu'"il n'y aurait pas de compromis dans la lutte contre le terrorisme", que la sécurité du pays était "une ligne rouge" et qu'il défendrait la Syrie "à n'importe quel prix".

Les violences continuent de tuer malgré la présence de près de 300 observateurs de l'ONU censés surveiller un cessez-le-feu proclamé le 12 avril en vertu du plan du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, resté lettre morte.

A l'aube, de violents combats ont éclaté entre armée et insurgés dans la province d'Idleb (nord-ouest) dans lesquels deux rebelles ont péri, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ce bastion rebelle a connu des combats parmi les plus violents depuis la militarisation de la révolte.

Dimanche, jour du discours de M. Assad, 46 personnes - 19 civils, 19 soldats et 8 rebelles, ont péri dans les violences, selon l'ONG.

M. Assad est resté sourd aux appels à cesser la violence, réitérant la thèse de complot fomenté par les opposants avec l'aide de l'étranger et écartant tout dialogue avec cette opposition qui a interprété son discours comme une volonté de poursuivre la répression "dans le sang".

Le président syrien, qui continue de se targuer du soutien d'une partie de la population, a aussi nié tout lien avec le massacre de Houla dans lequel 108 personnes dont 49 enfants ont péri le 25 mai et qui a fait craindre à la communauté internationale que le pays ne plonge dans la guerre civile.

Selon diplomates et experts, M. Annan qui commence à entrevoir l'échec de son plan, souhaite que la communauté internationale pèse de tout son poids pour faire respecter son plan ou qu'elle trouve un "plan B" pour résoudre la crise.

Il avait suggéré que sa médiation avait atteint ses limites dès samedi en réclamant lors d'un réunion ministérielle arabe à Doha, un "réexamen en profondeur" de la stratégie de sortie de crise.

M. Annan s'adressera jeudi à New York au Conseil de sécurité et à l'Assemblée générale de l'ONU. Plus de 13.400 personnes ont été tuées depuis le 15 mars 2011, en majorité des civils morts dans la répression, selon l'OSDH.

Mais rien ne laisse entrevoir une solution rapide.

M. Assad a martelé dimanche que son pays faisait face à un "plan de destruction", s'en prenant à l'Occident et aux opposants "liés à l'étranger", en allusion au Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, qui refuse à son tour tout dialogue avant un départ de M. Assad.

Les militants pro-démocratie ont riposté sur leur page "Syrian Revolution 2011" sur Facebook: "Sortons tous, (...) pour répondre au bourreau, au meurtrier des enfants. Mettez-vous en colère, intensifiez la colère sur le terrain par tous les moyens".

Le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal a accusé M. Assad de "manoeuvrer" pour "gagner de temps" et affirmé que son pays "soutient la création d'une zone tampon en Syrie". Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé M. Assad de conduite "autocratique".

"Nous devons éviter un embrasement qui pourrait mettre le feu à toute la région", a prévenu le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle, qui entame lundi en Turquie une tournée qui l'emmènera également au Liban, au Qatar et aux Emirats arabes unis.

Au Liban, où la révolte syrienne attise les tensions, le calme est revenu dans la ville de Tripoli (nord) après des affrontements entre pro et anti-Assad qui ont fait 14 morts le week-end dernier.

bur-ram/tp

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