NOUVELLES

Libye: polémique après une réunion entre figures du nouveau et ancien régime

04/06/2012 11:41 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Une rencontre au Caire entre un émissaire du chef du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) et d'anciens responsables du régime du défunt Mouammar Kadhafi a provoqué une polémique et l'indignation de plusieurs personnalités libyennes.

La rencontre a eu lieu le 27 mai au Caire, dans le cadre d'une initiative de "réconciliation nationale" entre le dignitaire religieux Ali Sallabi, qui affirme être un émissaire du chef du CNT Moustapha Abdeljalil, et des personnalités de l'ancien régime, dont Ahmed Gaddaf Eddam, un cousin et ex-émissaire de Kadhafi.

M. Sallabi a expliqué lundi à l'AFP qu'il avait été chargé par M. Abdeljalil de "dialoguer avec un groupe de Libyens qui appartenaient à l'ancien régime pour examiner les moyens (...) à même d'atténuer la souffrance et de réunir les Libyens dans un Etat de justice, de liberté, d'égalité et de droit".

Selon M. Sallabi, les discussions ont porté sur la réconciliation nationale, la réactivation du système judiciaire, le droit des partisans de l'ancien régime à l'étranger à accéder aux services consulaires et à participer aux élections.

Des milliers de partisans et responsables de l'ancien régime ont fui le pays durant et après la révolution et se sont établis notamment en Egypte, en Tunisie, en Jordanie et au Maroc.

La réunion du Caire a suscité l'indignation de personnalités libyennes, dont des responsables du CNT. Intissar Al-Akili, membre du CNT, a ainsi dénoncé "un mépris du sang des martyrs et des objectifs de la révolution du 17 février".

Moustapha "Abdeljalil doit nous expliquer les motivations qui l'ont poussé à prendre cette initiative, sans consulter le Conseil", a-t-elle dit.

"Nous allons nous opposer vigoureusement à ces négociations. Et si elles sont approuvées par le CNT, je présenterai ma démission immédiatement", a ajouté Mme Al-Akili.

Par ailleurs, 200 personnalités libyennes, dont des journalistes et militants, ont exprimé leur "extrême inquiétude" dans un texte commun.

La réconciliation nationale ne devrait pas, selon elles, concerner les représentants de l'ancien régime ayant participé à la réunion du Caire, car ils figurent au "premier rang" des responsables accusés de meurtre, de corruption et de "terrorisme" sous le règne de Mouammar Kadhafi.

Le porte-parole du CNT, Mohamed al-Harizi, a indiqué lundi que la mission d'Ali Sallabi se limitait à inviter les familles libyennes qui avaient fui en Egypte à rentrer en Libye et à adresser un message selon lequel les personnes "recherchées par la justice" parmi les partisans de l'ancien régime auraient droit à un procès équitable.

Selon des sources concordantes, l'initiative a été lancée par Ahmed Gaddaf Eddam qui était officiellement le "coordinateur des relations libyo-égyptiennes" de Kadhafi et son proche conseiller.

M. Gaddaf Eddam avait annoncé sa défection quelques jours après le début de la révolte en Libye, mi-février 2011.

Il n'avait ensuite pris aucune position en faveur de la rébellion. Certains rebelles avaient mis en doute sa défection et l'avaient accusé de recruter des combattants en faveur des kadhafistes.

Outre Gaddaf Eddam, ont participé à la réunion du côté du camp kadhafiste, Ali Lahwal, ex-coordinateur des tribus libyennes, et des représentants de la tribu de Mouammar Kadhafi, les Guededfa.

bur-ila/cco

PLUS:afp