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La Caisse de dépôt se montrera plus sélective dans ses investissements

04/06/2012 03:29 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Pour déjouer la volatilité, la Caisse de dépôt et placement du Québec se montrera plus sélective dans ses investissements en Bourse et misera davantage sur les placements privés, les infrastructures et l'immobilier, a indiqué lundi le grand patron de l'institution, Michael Sabia.

Depuis la crise financière de 2008 et même avant, les marchés boursiers sont particulièrement instables, ce qui met les investisseurs sur les dents. De plus, les rendements ont été peu impressionnants, sauf en 2009, année marquée par une remontée importante des cours après la récession.

C'est sans compter que la Caisse enregistre depuis quelques années de meilleurs rendements dans les créneaux des actions d'entreprises non cotées, des infrastructures et de l'immobilier que dans le secteur des titres négociés en Bourse.

Les changements dans la répartition des actifs de la Caisse se feront toutefois de manière graduelle, a prévenu M. Sabia à l'issue d'un discours prononcé à la tribune du Cercle canadien de Montréal.

Au 31 décembre, les actions cotées représentaient 35,9 pour cent des actifs de la Caisse, contre 9,9 pour cent pour les placements privés, 11,5 pour cent pour l'immobilier et 3,6 pour cent pour les infrastructures.

Dans son portefeuille boursier, la Caisse entend approfondir ses analyses d'investissement afin de s'assurer de choisir les bonnes entreprises et les bons projets. L'institution compte par exemple embaucher des géologues, des spécialistes de la fabrication et des experts en télécommunications afin de compléter le travail effectué par les analystes financiers.

À terme, l'objectif sera de prendre des participations plus importantes dans un nombre relativement limité d'entreprises plutôt que d'investir des sommes plus modestes dans un grand nombre de compagnies.

«Nous allons nous concentrer beaucoup plus sur la qualité sous-jacente des entreprises, a expliqué Michael Sabia. Prenez les banques: elles jouent toutes un rôle important dans l'indice S&P/TSX actuellement et nous sommes actionnaires de chacune d'entre elles. À l'avenir, notre but sera de choisir celles qui sont les deux ou trois meilleures et d'y investir. Il s'agit donc de faire preuve d'une plus grande sélectivité.»

La Caisse a déjà commencé à appliquer ce principe: la semaine dernière, elle s'est engagée à investir 1 milliard $ dans la firme informatique montréalaise CGI (TSX:GIB.A) afin de l'aider à acquérir l'entreprise européenne Logica.

Même s'il juge «inquiétante» la situation économique en Europe, plus particulièrement en Grèce et en Espagne, M. Sabia croit que le moment est bien choisi pour CGI de faire le grand saut sur le Vieux Continent.

«Les conditions (économiques) vont augmenter la demande pour les services de ce nouveau CGI», a-t-il affirmé, en estimant que les activités de l'entreprise, la sous-traitance notamment, étaient «contrecycliques».

Le dirigeant est allé jusqu'à dire que les petits investisseurs devraient s'inspirer de la nouvelle stratégie de la Caisse.

«Dans l'avenir, nous sommes moins convaincus que la diversification va livrer la marchandise et donc pour un petit investisseur, ce qui est le plus important, c'est de comprendre en profondeur chacun de ses investissements et de mettre moins l'accent sur l'importance de diversifier son portefeuille, a-t-il soutenu. Ce sont les connaissances qui comptent.»

Malgré tout, il y aura toujours de la place pour la gestion indicielle à la Caisse, a assuré Michael Sabia.

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