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Euro-2012: La Pologne optimiste face à son plus grand défi sécuritaire

04/06/2012 07:09 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Alors que son équipe nationale s'apprête à donner le coup d'envoi de l'Euro-2012 de football, vendredi, la Pologne, pays coorganisateur du tournoi avec l'Ukraine, relève, avec optimisme, son plus grand défi sécuritaire, avec une mention particulière au hooliganisme.

"Il n'y a aucun signe d'une quelconque menace extérieure à propos de la sécurité de notre pays durant l'Euro-2012", a récemment déclaré le président polonais Bronislaw Komorowski, après une réunion du conseil national de sécurité.

Pour l'heure, la sécurité aérienne est l'une des principales préoccupations des dirigeants polonais.

Près de 2.300 vols charters et 13.800 avions doivent atterrir pour la seule ville de Varsovie, pendant la durée de la compétition du 8 juin au 1er juillet. Un record.

"Nous sommes prêts à prendre en charge 60.000 personnes par jour, arrivées et départs combinés", a dit Andrzej Ilkow, directeur de la sécurité de l'aéroport Frédéric-Chopin de Varsovie.

Du 7 juin au 2 juillet, l'armée a planifié des zones d'exclusion aérienne au-dessus des hôtels et des terrains d'entraînement des équipes, de même qu'au-dessus des stades les jours de match. Avec le cas échéant, le droit d'abattre tout appareil ne respectant pas ces interdictions.

De façon générale, le Colonel Miroslaw Banasik en charge du PC de crise, dit avoir étudié un "éventail des scénarios (de risques éventuels) assez large", allant du déséquilibré isolé à la bousculade géante, comme celle de la Love Parade de Duisbourg en 2010 qui avait coûté la vie à 21 personnes.

Mais la menace la plus concrète est sans doute celle des hooligans. Le spectre de supporteurs polonais violents avait déjà été agité lors du Mondial-2006 en Allemagne ou lors de l'Euro-2008 en Autriche, mais peu d'incidents furent à déplorer.

Cette fois-ci, les inquiétudes sont différentes, car ils "jouent" à domicile. Réside en effet en Pologne, un noyau dur de 5.000 hooligans.

Depuis la fin du communisme, il y a deux décennies, l'Europe de l'Est a vu la montée des gangs de hooligans sur le modèle des "firmes" anglaises --ces hooligans à plein temps-- ou des groupes de supporteurs extrémistes italiens.

Longtemps accusée de laxisme, la Pologne s'est enfin décidée à agir après une finale de la Coupe nationale en 2011 entachée de graves faits de violences.

La loi autorise désormais des procédures judiciaires express à l'intérieur même des stades et le placement sous surveillance électronique d'individus interdits de stade.

"Ce qui nous préoccupe le plus, c'est le comportement des supporters dans les lieux publics, notamment les fans zones", estime cependant un officiel du ministère de l'Intérieur, Jacek Zalewski.

Ces dernières semaines, des dizaines de personnes ont été arrêtées, accusées d'avoir participé à des "ustawki", ces bagarres arrangées entre hooligans de clubs rivaux qui ont coûté la vie à plusieurs personnes les années passées.

Si les autorités polonaises mettent en avant le pacifisme de la grande majorité des fans polonais, plus de 10.000 policiers sont mobilisés.

La police polonaise est également épaulée par des collègues de 21 pays étrangers qui connaissent et savent gérer les supporters à risques.

Le match du 12 juin entre la Russie et son ex-satellite, la Pologne, est typiquement une rencontre à haut risque. Et durant le tournoi, la Pologne reprendra ses contrôles aux frontières supprimées en 2007, avec ses voisins allemand, tchèque, slovaque et lituanien.

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