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Est RDC: deux journalistes, dont le correspondant de l'AFP, brièvement interpellés

04/06/2012 01:03 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Le correspondant congolais de l'Agence France-Presse dans l'est de la République démocratique du Congo et une journaliste indépendante française ont été interpellés dimanche par l'armée dans cette région puis interrogés lundi par les services de renseignements civils avant d'être libérés, a-t-on appris auprès du correspondant de l'AFP.

Albert Kambale et Mélanie Gouby ont été interpellés dimanche en fin de journée à Jomba (est) par des militaires alors qu'ils revenaient d'un reportage dans la zone où des mutins ex-rebelles sont regroupés, dans le parc des Virunga, dans la province du Nord-Kivu, et combattus par l'armée depuis plusieurs semaines.

Conduits à Bunagana, près de Jomba et de la frontière avec l'Ouganda, les journalistes ont été interrogés par le chef militaire du secteur qui leur a demandé pourquoi ils se trouvaient dans cette zone, avant de les remettre lundi à l'Agence nationale de renseignements (ANR), juste après le début d'une nouvelle offensive contre les mutins près de Jomba.

Les deux journalistes ont ensuite été escortés à Goma - la capitale du Nord-Kivu - où ils ont brièvement été interrogés dans les locaux de l'ANR avant d'être laissés libres.

"Ils ont été interceptés au niveau de la ligne de front. Nous devons protéger les journalistes qui doivent collaborer avec les Forces armées congolaises quand ils sont sur le terrain. C'est ce que nous leur avons dit", a déclaré à l'AFP le directeur de l'ANR, Kalev Mutond.

Les deux journalistes ont dormi dans un hôtel dimanche soir à Bunagaga et ont toujours disposé de leur téléphone portable pour communiquer. "Nous avons été bien traités par les militaires", a déclaré à l'AFP Albert Kambale.

Dans un communiqué, l'ONG congolaise Journaliste en danger (JED) a "dénoncé vigoureusement cette arrestation qui n'est rien de moins qu'une violation de la liberté de la presse là où aucune interdiction formelle n'a été faite aux journalistes d'aller travailler dans les zones sous contrôle des forces armées ou des mutins".

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