NOUVELLES

Des militants syriens annoncent la formation d'un nouveau front de rebelles

04/06/2012 05:48 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

ISTANBUL - Des militants syriens ont annoncé, lundi, la formation d'une nouvelle coalition de rebelles qui vise à surmonter les profondes divisions apparues au sein de l'opposition dans son combat contre le régime de Bachar el-Assad.

Le groupe, baptisé Front des rebelles syriens, a annoncé sa formation lors d'une conférence de presse en Turquie qui portait tous les éléments d'un événement de relations publiques, avec une bannière, des présentations vidéo et un service de traduction simultanée. Mais on ne sait pas très bien comment ce groupe entend se coordonner avec les autres franges de l'opposition syrienne, incapables de s'unir pour déloger le régime de Bachar el-Assad malgré le soulèvement populaire lancé il y a plus d'un an.

L'un des organisateurs de la coalition, Khaled al-Okla, a expliqué que le Front des rebelles syriens se coordonnerait avec l'Armée syrienne libre, une large coalition de rebelles armés dont les leaders sont regroupés en Turquie, près de la frontière avec la Syrie.

Les membres de l'Armée syrienne libre admettent que leurs commandants ont un accès limité et peu de contrôle opérationnel sur les rebelles présents en territoire syrien, mais ils estiment que la constitution de leur groupe a permis de donner un visage public aux factions armées en Syrie, soumises à une intense pression des chars et de l'artillerie des forces gouvernementales.

«Nous pourrions avoir certains traités ou accords afin de coordonner notre travail en Syrie», a dit M. Al-Okla, qui affirme que sa coalition regroupe 12 000 rebelles. Il a lu un communiqué affirmant que le Front des rebelles syriens a été formé en réaction à la «politique de la terre brûlée» du régime El-Assad, et à cause de «l'échec de toutes les initiatives arabes et internationales pour empêcher El-Assad de commettre ses crimes». Cette dernière affirmation laisse penser que les rebelles ne croient plus au plan de sortie de crise de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan.

Le communiqué précise que le lancement du nouveau front pourrait servir de «creuset permettant de réunir toutes les factions rebelles armées à travers le territoire syrien qui cherchent à renverser ce régime criminel».

Mais certains observateurs qui assistaient à la conférence se sont montrés sceptiques. Une personne a pris le micro et a demandé: «Pourquoi avons-nous besoin d'un nouveau front? Il y en a déjà plusieurs».

Le communiqué des rebelles affirme que le massacre de plus de 100 personnes, dont de nombreux enfants, la semaine dernière à Houla, dans le centre de la Syrie, est le comble de la cruauté du régime. L'opposition et le gouvernement s'accusent mutuellement d'être responsables du massacre. Selon les enquêteurs de l'ONU, de forts soupçons laissent croire que des hommes armés à la solde du régime sont responsables d'une partie des meurtres.

L'annonce du lancement du nouveau front rebelle était accompagnée d'une présentation vidéo affirmant que le front a rallié «100 bataillons ou formations combattantes». On y voit des segments vidéo dans lesquels des combattants masqués déclarent leur allégeance à la nouvelle entité.

Bien que certains pays du golfe Persique soutiennent l'idée d'armer les rebelles en Syrie, les pays occidentaux et leurs alliés arabes sont peu disposés à fournir des armes aux rebelles, notamment à cause de leur manque de cohésion et de la crainte de déclencher un conflit encore plus grave dans la région.

La Turquie affirme qu'elle ne fournit pas d'aide militaire aux rebelles syriens, mais elle permet aux groupes de l'opposition de s'organiser sur son territoire. La Turquie fournit aussi de l'aide médicale et humanitaire aux réfugiés syriens et aux déserteurs de l'armée qui ont fui la Syrie.

PLUS:pc