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Congo: le Rwanda accusé de soutenir un chef rebelle accusé de crimes de guerre

04/06/2012 07:46 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - L'armée rwandaise fournit des armes et un refuge à un ancien seigneur de guerre accusé de crimes contre l'humanité dont les combattants ont lancé une nouvelle rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo, a dénoncé l'organisation Human Rights Watch lundi.

La Cour pénale internationale (CPI) demande depuis des années l'arrestation de Bosco Ntaganda, mais le gouvernement congolais l'a laissé en liberté et l'a même nommé général dans l'armée, avant de promettre de l'arrêter récemment.

L'organisation américaine Human Rights Watch affirme avoir des preuves que Ntaganda et ses hommes échappent à leur arrestation grâce à l'aide de l'armée rwandaise. Le général renégat serait né au Rwanda et aurait des liens étroits avec ce pays.

Human Rights Watch affirme que des officiers de l'armée rwandaise ont fourni à Ntaganda des mitrailleuses et des grenades, en violation d'un embargo imposé par l'ONU. L'organisation affirme aussi que des responsables de l'armée rwandaise ont fourni jusqu'à 300 combattants à Ntaganda, dont certains auraient été recrutés de force.

«Armer Ntaganda permet de nouveaux abus graves par un homme déjà recherché pour crimes de guerre», a affirmé Anneke Van Woudenberg, spécialiste de l'Afrique chez Human Rights Watch. «Le gouvernement rwandais devrait enquêter sur ces allégations (...) et aider le gouvernement congolais à l'arrêter et à le transférer à la CPI.»

Le gouvernement rwandais a nié toute implication dans la rébellion qui déstabilise davantage une région troublée depuis de nombreuses années.

La semaine dernière, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a catégoriquement nié que des Rwandais recrutés et entraînés par l'armée rwandaise aient été transférés dans l'est du Congo pour combattre les rebelles.

L'est de la République démocratique du Congo est déchiré par les conflits armés depuis le génocide de 1994 au Rwanda. Plus d'un million de Rwandais se sont enfuis au Congo après le génocide, et l'armée rwandaise a ensuite envahi l'est du Congo pour y traquer les génocidaires.

Les allées et venues de Ntaganda sont inconnues, mais selon Human Rights Watch, des témoins ont affirmé l'avoir vu rencontrer des responsables militaires rwandais au Rwanda. Bosco Ntaganda figure sur une liste de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, ce qui lui interdit de voyager à l'extérieur du territoire congolais.

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