Plaidoyer pour la sauvegarde de la CinéRobothèque et du Cinéma de l'ONF avec l'événement «Cinéma dans la rue»

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Le lancement de l’événement «Cinéma dans la rue». | Cinémathèque

Cinq artisans du cinéma documentaire ont livré un vibrant plaidoyer, lundi matin, pour la sauvegarde de la CinéRobothèque et du Cinéma de l’Office national du film du Canada (ONF) lors du lancement de l’événement «Cinéma dans la rue».

Avec les coupures dans la culture annoncées lors du dernier budget du gouvernement fédéral, les célèbres locaux de la rue Saint-Denis fermeront dès le 1er septembre prochain. Dans une décision annoncée le 4 avril dernier, l’ONF a aussi décidé de mettre fin au volet «festivals et événements» de son Programme de subventions.

Les 6,68 millions de dollars qui seront retranchés à l’ONF représentent 10% de son budget annuel et entraîneront la suppression de 73 emplois à temps plein et à temps partiel. Une situation que dénoncent vivement ses artisans, qui y voient l’application d’une logique marchande dans le domaine de la culture. « La contribution sociale est culturelle n’est jamais évaluée, dénonce Malcom Guy, fondateur des Productions Multi-Monde. Seule la valeur marchande compte. Bientôt, nous serons obligés de participer à des émissions comme l’Oeil du dragon

La CinéRobothèque attire 150 000 visiteurs chaque année, dont 30 000 étudiants qui participent aux ateliers scolaires. Elle comprend une impressionnante collection de 10 000 films, dont 7000 numérisations et 3000 vidéodisques manipulés par le robot Ernest.

D’ailleurs, où ira-t-il après se retraite forcée? «Il finira sûrement dans une usine de pièces automobiles!», lance à la blague le cinéaste Denys Desjardins.

Des festivals dans l’embarras

La directrice des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, Roxanne Sayegh, ajoute que la production et la diffusion des films seront fragilisées par les coupures de l’ONF. «On reçoit déjà moins de films québécois et canadiens dans différents festivals. Ça nous préoccupe beaucoup», souligne-t-elle en précisant que la situation ne s’améliorera pas dans les prochaines années.

Mais au-delà des soucis monétaires, la fermeture du Cinéma ONF laissera un «trou béant» dans le Quartier latin. Roxanne Sayegh insiste que le savoir-faire des employés et l’emplacement géographique idéal pour les festivals de cinéma «ne se remplacent pas si facilement». «Oui, on se fait dire qu’on peut remplacer la salle, qu’il y a le cinéma du Parc, le cinéma Beaubien, mais on l’a testé par le passé et le public s’est plaint à maintes reprises de la décentralisation des projections.

Une occupation symbolique de la CinéRobothèque a lieu lundi et le film Cinéma, Cinéma de Gilles Carles sera projeté mardi dans le cadre du 7@9 DOC Québec. Finalement, le milieu du cinéma convie le public à un flash mob symbolique où les participants seront enroulés d’une pellicule de film autour du quadrilatère de l’ONF. Une pétition sur le site de l’Assemblée nationale est aussi disponible en ligne.

Quiconque le désire peut se procurer un carré de pellicule de film à épingler. Pour l’instant, les gouvernements provinciaux et fédéraux refusent de rencontrer les responsables de l’ONF, indique Denys Desjardins.


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