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Canada: 400 ONG contestent la nouvelle loi budgétaire jugée liberticide

04/06/2012 05:31 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

Les plus grandes organisations écologistes et sociales du Canada ont cessé l'activité de leurs sites internet lundi, pour protester contre les "dérives" selon elles du projet de loi budgétaire fédéral, à la veille de la Journée mondiale de l'environnement.

Une page d'accueil noire, barrée du slogan "Silence, on parle" et d'un texte expliquant la démarche est visible sur les sites de Greenpeace, WWF, la Fondation David Suzuki et de centaines d'autres associations partenaires de la campagne.

Les principales ONG du pays dénoncent l'esprit de la loi C-38, qui doit être adoptée dans les jours qui viennent à l'initiative du gouvernement conservateur majoritaire de Stephen Harper.

Les écologistes dénoncent, entre autres, un passage du texte qui prévoit que seules les personnes "directement touchées" par un projet minier (type oléoduc, mine de schiste...) pourront le contester. Cette disposition exclurait donc, de fait, les personnes qui n'y ont pas un intérêt économique et les associations écologistes.

Marie-Claude Lemieux, directrice du WWF pour le Québec, prend l'exemple d'un accident sur un oléoduc : "Tous les gens qui vivent à Vancouver, par exemple, explique-t-elle, qui seraient directement concernés si un déversement pétrolier avait lieu, n'auraient pas voix au chapitre. De même que les grandes organisations environnementales nationales dont le WWF".

Les dirigeants de Greenpeace, Équiterre, WWF ou encore la Fondation David Suzuki ont donné une conférence de presse à travers les barreaux d'une cellule, construite pour l'occasion dans le centre de Montréal en bois.

"C'est la face même du pays qui se transforme devant nous", a mis en garde Steven Guilbeault, cofondateur d'Équiterre: "Les poissons, dans cette nouvelle version-là de la loi environnementale, n'auront de valeur que s'ils ont une valeur économique".

vs/via/mdm

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