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Bill Clinton éreinte Romney en aidant Obama à remplir ses coffres

04/06/2012 07:28 EDT | Actualisé 04/08/2012 05:12 EDT

L'ancien président des Etats-Unis Bill Clinton a éreinté lundi le républicain Mitt Romney, affirmant que sa politique serait "calamiteuse pour notre pays et le monde" s'il battait en novembre Barack Obama, en aidant ce dernier à remplir son trésor de campagne à New York.

Intervenant devant une cinquantaine de personnes qui avaient acquitté 40.000 dollars pour venir rencontrer les deux présidents au domicile d'un riche investisseur tout près de Central Park, M. Clinton a salué son successeur, qui a "une bonne politique, un bon bilan, et a géré du mieux qu'il pouvait une situation très difficile". Pour lui, "il mérite d'être réélu".

En revanche, "l'alternative serait, à mon avis, calamiteuse pour notre pays et le monde", a assuré M. Clinton, le seul démocrate à avoir enchaîné deux mandats pleins à la Maison Blanche depuis la Seconde Guerre mondiale.

MM. Obama et Clinton, dont les relations se sont pacifiées depuis que le président a battu l'ancienne "Première dame" Hillary Clinton à la primaire démocrate de 2008, participaient ensemble lundi soir à une série de trois réunions de levée de fonds, censées rapporter au moins 3,6 millions de dollars à l'équipe de campagne de M. Obama et au parti démocrate.

De son côté, M. Obama, qui a essuyé un revers à cinq mois de l'élection vendredi avec la publication de médiocres chiffres du chômage, a rappelé que lorsque M. Clinton était au pouvoir, de 1993 à 2001, "tout le monde s'en sortait bien, même les classes supérieures, parce que le président Clinton (...) savait ce dont l'économie a besoin".

S'en prenant à Mitt Romney et aux responsables du parti républicain, M. Obama a affirmé que leurs projets budgétaires étaient "fondamentalement différents de notre expérience de croissance de l'économie et de création d'emplois", et les a accusés d'"absolutisme" en matière de révérence vis-à-vis des lois du marché.

MM. Obama et Clinton étaient attendus en début de soirée au palace Waldorf Astoria pour un gala où se produira Jon Bon Jovi, à 2.500 dollars la place minimum pour 500 participants. Le célèbre rocker a voyagé dans l'avion Air Force One en compagnie de M. Obama de Washington à New York, selon la Maison Blanche.

Les deux présidents se rendront ensuite dans une salle de Broadway pour un concert où sont attendus 1.700 spectateurs qui auront acquitté au moins 250 dollars, selon un responsable de l'équipe de campagne de M. Obama s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Les recettes de ces événements devraient donc dépasser les 3,6 millions de dollars, un chiffre ne tenant pas compte d'un tirage au sort qui permettra à trois personnes d'assister au gala et au spectacle, et de rencontrer MM. Obama et Clinton.

Une telle opération avait permis de plus que doubler les recettes d'une soirée de M. Obama chez George Clooney près de Los Angeles en mai.

Les relations entre M. Obama et M. Clinton ont été marquées par plusieurs escarmouches en 2007 et 2008, lorsque M. Obama avait mis en difficulté Hillary Clinton dans la course à l'investiture démocrate avant de la vaincre sur le fil il y a quasiment quatre ans jour pour jour, le 3 juin 2008.

M. Clinton a récemment pris un rôle accru dans la campagne de réélection de M. Obama en chantant ses louanges dans une vidéo pour son esprit de décision lors du raid contre Oussama ben Laden. Il lui a aussi ouvert le cercle de ses puissants donateurs.

Récupérer des fonds s'avère crucial aux Etats-Unis pour faire fonctionner des campagnes électorales dont le coût se chiffre en centaines de millions de dollars, et M. Obama participe à de telles réunions à un rythme effréné. M. Romney semble jusqu'ici davantage bénéficier de nouvelles règles sur le financement des campagnes qui ont permis aux entreprises d'y contribuer sans limites.

tq/mdm

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