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Syrie: Bachar el-Assad dénonce de nouveau une "guerre" menée de l'étranger

03/06/2012 07:59 EDT | Actualisé 03/08/2012 05:12 EDT

BEIRUT - La Syrie est confrontée à une "vraie guerre" menée de l'étranger, a réaffirmé dimanche le président Bachar el-Assad, qui a nié toute responsabilité du régime alaouite dans le massacre perpétré le 25 mai à Houla (centre), un "crime affreux".

Le fils de Hafez el-Assad s'exprimait devant le Parlement à l'occasion de sa première intervention depuis le 10 janvier, alors que le pays semble menacé de basculer dans la guerre civile et que les condamnations internationales s'amplifient contre la répression meurtrière.

Depuis le début du mouvement de contestation contre son régime en mars 2011, Bachar el-Assad a accusé des éléments étrangers de chercher à déstabiliser la Syrie.

Il l'a répété dimanche dans son discours télévisé d'un peu plus d'une heure, réaffirmant son intention de "combattre le terrorisme". "Nous ne serons pas cléments. Nous ne pardonnerons qu'à ceux qui renoncent au terrorisme", a-t-il lancé. Quant à "cette liberté qu'ils (les opposants) appellent de leurs voeux, elle s'est transformée en restes humains, ceux de nos fils, et cette liberté dont ils parlent se noie maintenant dans notre sang".

M. Assad a justifié la répression contre le soulèvement, la comparant à une intervention chirurgicale. "Quand le chirurgien, en salle d'opération (...), incise, nettoie et ampute, et que la blessure saigne, lui disons-nous: 'Vous avez du sang sur les mains?' Ou ne le remercions nous pas de sauver le patient?".

"Nous défendons aujourd'hui une cause et un pays", a-t-il martelé. "Nous ne le faisons pas parce que nous aimons le sang. On nous a contraint au combat et le résultat, c'est le bain de sang que nous voyons", selon lui.

Le président syrien ne s'était pas exprimé en public depuis le massacre perpétré le 25 mai à Houla, dans le centre du pays, où 108 personnes, dont 49 enfants de moins de dix ans, ont été tuées le 25 mai, selon un bilan des Nations unies.

"Même des monstres n'auraient pas perpétré (les crimes) que nous avons vus, en particulier le massacre de Houla (...) Il n'y a pas de mot en arabe, et pas même de mots humains pour le décrire", a affirmé Bachar el-Assad.

"Si nous ne ressentons pas la douleur qui étreint nos coeurs, comme je l'ai ressentie devant ces scènes cruelles, en particulier les enfants, alors nous ne sommes pas des êtres humains", a-t-il ajouté.

L'opposition et le régime syrien s'accusent mutuellement d'être à l'origine de la tuerie, mais les observateurs de l'ONU ont fait état d'un faisceau de présomptions visant les miliciens à la solde du régime alaouite, soupçonnés d'être responsables d'au moins une partie des meurtres. Des familles entières ont été tuées, selon les observateurs onusiens qui se sont rendus sur place. Nombre des victimes ont été exécutées à bout portant et plusieurs corps portaient des traces de torture.

Adib Chichakly, membre du Conseil national syrien (CNS), principale organisation de l'opposition, a dénoncé le discours "ridicule" du président syrien. Ses déclarations sur le massacre de Houla sont des "mensonges pour justifier le massacre face aux immenses pressions internationales contre son régime", a estimé M. Chichakly.

A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré dimanche attendre, avant de se prononcer, les résultats des investigations demandées le 1er juin par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à la Commission d'enquête indépendante internationale sur la Syrie. Cette commission onusienne est chargée de mener une enquête "transparente, indépendante et rapide" en vue de déterminer les "responsables de violations généralisées et systématiques des droits de l'homme".

Le ministère russe se dit "troublé que certains pays" aient anticipé les conclusions de l'enquête et formulé des accusations. La Russie a opposé à deux reprises son veto à des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime de Damas. AP

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