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Ryad accuse le président syrien de manoeuvrer pour gagner du temps

03/06/2012 06:42 EDT | Actualisé 03/08/2012 05:12 EDT

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud Al-Fayçal, a accusé dimanche le président syrien Bachar al-Assad de "manoeuvrer" pour "gagner du temps", en ignorant le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

"Toutes les initiatives (de règlement) ont été acceptées par le régime syrien mais jamais appliquées. C'est le moyen qu'il (le régime) utilise pour gagner du temps", a-t-il dit, accusant M. Assad de "tergiverser et manoeuvrer".

Le ministre saoudien s'exprimait lors d'une conférence der presse conjointe avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, présent à Jeddah (ouest saoudien) pour une conférence sur la lutte contre le terrorisme.

Le président Assad s'est dit dimanche déterminé à lutter contre la révolte qui secoue son régime depuis près de 15 mois, accusant de nouveau l'étranger de mener une "guerre" contre son pays, dans son premier discours depuis janvier.

M. Annan, dont le plan en six points pour une sortie de crise est resté lettre morte, doit présenter dans quelques semaines un rapport au Conseil de sécurité de l'ONU sa mission, a indiqué le prince Saoud.

"Nous espérons que ce rapport sera clair, précis et transparent (...) et que le Conseil de sécurité adoptera une position ferme" à l'égard du régime syrien, selon lui.

M. Ban, qui a qualifié d'"inquiétante" la situation en Syrie, a sommé le gouvernement de Damas de "se conformer au plan Annan". "La violence sous toutes ses formes doit cesser", a-t-il ajouté lors de la conférence de presse.

Le ministre saoudien, dont le pays est très critique du régime de Damas, a indiqué que Ryad "soutient la création d'une zone tampon en Syrie où les opprimés peuvent trouver refuge". "Mais cela relève de la responsabilité du Conseil de sécurité de l'ONU, car la Ligue arabe n'y peut rien".

Et d'ajouter: "la vraie solution consiste à défendre le peuple syrien contre la dureté de l'action de l'armée. Le peuple est désarmé alors que le régime reçoit des armes de partout. La situation est très grave et nous espérons qu'elle ne se détériorera pas davantage".

La tension se fait sentir au Liban voisin, où des combats entre partisans et adversaires du régime syrien ont fait 14 morts et 48 blessés ce week-end à Tripoli, dans le nord du pays.

"Ce qui se passe à Tripoli est sans doute une extension des événements en Syrie. Nous avons remarqué depuis un certain temps que le régime agit pour transformer la situation en un conflit confessionnel", a dit le prince Saoud.

"Cela ne menace pas seulement le Liban, mais il pourrait diviser le pays. C'est un phénomène très dangereux", a averti le ministre saoudien.

Le ministre et M. Ban ont parlé à la presse après avoir participé à la deuxième réunion du conseil consultatif du Centre des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme, établi en 2011 pour soutenir la mise en oeuvre de la stratégie antiterroriste mondiale de l'Onu.

"La lutte contre le terrorisme n'est plus une affaire interne qui se limite aux frontières d'un Etat, mais elle constitue désormais un objectif de l'ensemble de la communauté internationale", a indiqué le roi Abdallah d'Arabie saoudite dans un message adressé à la réunion.

Le centre des Nations unies, au financement duquel Ryad contribue à hauteur de 10 millions de dollars sur trois ans, "va aider à échanger les moyens spécifiques pour lutter contre les causes du terrorisme", a ajouté le souverain.

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