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Liban: le calme règne à Tripoli après des combats meurtriers liés à la Syrie

03/06/2012 03:01 EDT | Actualisé 03/08/2012 05:12 EDT

Le calme est revenu dimanche après le déploiement des forces de sécurité et de l'armée dans des quartiers de la ville de Tripoli, nord du Liban, où des affrontements meurtriers entre partisans et opposants au régime syrien ont fait 14 morts depuis la nuit de vendredi-samedi.

"Les Forces de la sécurité intérieure et l'armée sont entrés dans les quartiers de Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen (...) où aucun élément armé n'était visible, le calme total étant revenu sur tous les axes", a déclaré un responsable local de la sécurité, Bassam Ayyoubi, cité par l'agence officielle ANI.

Dimanche matin, une source des services de sécurité avait indiqué à l'AFP que les échanges de tirs "avaient été très violents durant la nuit, et fait quatre morts" à Tripoli, portant le bilan total des affrontements depuis samedi avant l'aube à 14 morts et 48 blessés.

Le correspondant de l'AFP sur place avait lui fait état d'un renforcement de la présence de l'armée dans la zone des combats après que les affrontements ont baissé d'intensité à partir de 05H00 locales (02H00 GMT). Mais en dépit des renforts, des échanges de tirs avaient eu lieu par intermittence.

Les combats opposaient des hommes armés de Bab el-Tebbaneh, majoritairement sunnite et hostile au régime syrien de Bachar al-Assad, à des miliciens de Jabal Mohsen, quartier alaouite soutenant ce régime. M. Assad est lui-même de confession alaouite.

L'agence nationale d'information libanaise (ANI) avait indiqué que plusieurs obus étaient tombés dans des quartiers relativement éloignés du secteur des affrontements.

La décision de renforcer le déploiement de l'armée a été prise après une réunion samedi soir au domicile du Premier ministre Najib Mikati, originaire de Tripoli, avec les notables et les responsables de la sécurité de la ville.

"Toutes les parties sont d'accord pour un déploiement de l'armée et des Forces de la sécurité intérieure dans les zones des affrontements, et un plan destiné à mettre fin aux tensions doit être appliqué à partir de 05H00 (02H00 GMT) dimanche", avait déclaré le ministre de l'Intérieur, Marwane Charbel.

La ville de Tripoli a déjà été secouée à la mi-mai par une semaine de heurts entre ces pro et anti-Assad, qui avaient fait 10 morts.

L'armée est intervenue le 15 mai prenant position rue de Syrie, qui sépare les deux quartiers, avant de se déployer à l'intérieur.

Mais les soldats se retirent de la zone des combats lorsque les affrontements se renouvellent.

La révolte en Syrie exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et reste profondément divisé entre adversaires et partisans d'Assad.

Après les premières violences à Tripoli mi-mai, les incidents se sont étendus à Beyrouth, où deux personnes ont été tuées le 21 mai, à la suite de la mort d'un dignitaire sunnite hostile au régime syrien tué par l'armée.

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