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Les prisonniers palestiniens menacent Israël d'une nouvelle grève de la faim

03/06/2012 09:53 EDT | Actualisé 03/08/2012 05:12 EDT

Les détenus palestiniens menacent d'une nouvelle grève de la faim, a indiqué dimanche un ministre palestinien accusant Israël de ne pas respecter l'accord ayant mis fin à un mouvement similaire contre leurs conditions de détention.

"Il y a toujours des provocations dans les prisons, et les prisonniers menacent de reprendre leur grève de la faim si la situation ne change pas", a déclaré le ministre des Prisonniers, Issa Qaraqaa, au cours d'une conférence de presse à Ramallah (Cisjordanie).

Quelque 1.550 Palestiniens détenus en Israël ont mis fin le 14 mai à une grève de la faim en échange d'un ensemble de mesures: la levée de la détention illimitée sans jugement et de l'isolement carcéral et l'autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza.

En échange, les représentants des prisonniers s'étaient engagés à s'abstenir de toute activité militante en prison et de toute nouvelle grève de la faim.

Mais le ministre Qaraqaa a expliqué qu'Israël n'avait pas tenu son engagement: "Israël a commencé à violer l'accord qu'il a signé avec les prisonniers, et 10 jours après l'annonce de la fin de la grève, il avait renouvelé les ordres de détention administrative pour une trentaine de prisonniers".

"Israël veut punir les prisonniers pour leur grève" de la faim, a-t-il ajouté.

La détention administrative, une disposition controversée héritée du mandat britannique sur la Palestine, permet une incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

"Pour l'instant, nous ignorons même si Israël va permettre aux familles des détenus de Gaza de visiter leurs proches en prison", a dit le ministre.

Mais un responsable israélien de la Défense qui a requis l'anonymat a déclaré dimanche à l'AFP que "depuis la fin de la semaine dernière, trois ordres de détention administrative avaient été renouvelés".

Il a d'autre part indiqué qu'Israël oeuvrait pour que les familles puissent visiter les détenus de Gaza, soulignant qu'il s'agit d'un processus qui "prendra du temps" car il "concerne plusieurs organismes différents".

Le ministre palestinien a d'autre part évoqué la question de deux détenus, Mahmoud Sarsak et Akram Rikhawi, qui poursuivent leur grève de la faim malgré l'accord intervenu le 14 mai.

M. Qaraqaa a affirmé qu'ils "étaient au bord du coma, avec un rythme cardiaque très lent".

Originaire de Gaza, Mahmoud Sarsak réclame d'être reconnu comme prisonnier de guerre. Il refuse de se nourrir depuis le 23 mars, et a observé une grève de la faim de 53 jours avant une courte pause le 14 mai, le jour de la signature de l'accord. Il a repris sa grève de la faim le lendemain.

M. Rikhawi réclame pour sa part que l'administration pénitentiaire israélienne lui remette son dossier médical avant qu'il ne comparaisse devant un comité de la prison en vue de sa libération.

La porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne, Sivan Weizman, avait indiqué que les deux prisonniers étaient sous surveillance médicale dans la clinique de la prison de Ramle, près de Tel Aviv.

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