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JO 2012 - La course aux bonus des salariés des transports londoniens

03/06/2012 04:31 EDT | Actualisé 02/08/2012 05:12 EDT

Les salariés des transports publics de Londres cherchent à arracher de juteux bonus à l'occasion des jeux Olympiques, les pouvoirs public voulant à tout prix éviter des grèves durant un événement qui s'annonce déjà comme un casse-tête pour les déplacements.

Des milliers de salariés du métro londonien ont déjà obtenu une prime individuelle de 850 livres, soit un peu plus de 1.000 euros, en compensation de la surcharge de travail attendue pendant les jeux, entre le 27 juillet et le 12 août.

Les conducteurs pourront même recevoir 1.000 livres (1.250 euros) grâce à la pugnacité du leader syndical Bob Crow, patron du syndicat des transports RMT et adepte de la ligne dure.

Les pouvoirs publics ont préféré acheter la paix sociale et éviter une grève durant les JO, qui aurait été catastrophique pour l'image de Londres et créé le chaos dans la capitale britannique.

Les déplacement constituent déjà l'un des grands défis dans l'organisation des Jeux et les londoniens sont appelés à travailler de chez eux pour éviter de venir gonfler les embouteillages et saturer des transports souvent bondés.

Les transports ont reçu un budget spécial de 6,5 milliards de livres (7,5 milliards d'euros) pour l'occasion, maintenu malgré le plan d'austérité du gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron, afin d'améliorer les infrastructures dans une ville tristement célèbre pour ses pannes de métro quotidiennes.

Avec les yeux du monde entier bientôt braqués sur Londres, les salariés du métro "sont en position de force, grâce à leur situation de monopole", explique à l'AFP John Kelly, professeur de relations sociales à l'université Birkbeck de Londres.

Les chauffeurs de bus ne sont pas en reste et le plus grand syndicat du pays, Unite, consulte la base sur l'opportunité de mener une grève durant les JO après le refus de 21 compagnies de bus de payer un bonus exceptionnel de 500 livres pour l'occasion.

Unite profite ainsi des jeux pour faire pression sur le gouvernement sur d'autres dossiers importants, comme la réforme de retraites des fonctionnaires et celle du service de santé public.

Pour les syndicats, le secteur des transports constitue un "levier" idéal pour avancer d'autres revendications, confirme John Kelly. Bon nombre d'autres professions ne disposent en effet pas d'un pouvoir de nuisance aussi fort ou seront tout simplement en vacances durant l'été, comme les enseignants.

"Les attaques actuellement lancées contre les travailleurs du secteur public sont tellement profondes et motivées par l'idéologie qu'il est impensable que le monde entier débarque à Londres pour ces merveilleux jeux Olympiques comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes", a déclaré le secrétaire général de Unite, Len McCluskey.

"Les syndicats, comme le reste de la société, ont tout à fait le droit de protester. Si les JO nous offrent une opportunité de le faire, alors nous devons précisément envisager de la saisir", a-t-il ajouté, dans un entretien au quotidien de centre-gauche The Guardian.

Même les salariés chargés de l'entretien des vélos en libre-service de Londres -les "Boris bikes"- menacent désormais de faire grève s'ils n'obtiennent pas un bonus.

Ils ont des chances d'être entendus. Car les pouvoirs publics ont d'autant plus à coeur d'éviter des conflits sociaux dans les transports que bien d'autres défis les attendent. L'aéroport de Londres Heathrow, par lequel transiteront l'essentiel des visiteurs internationaux, est ainsi menacé de paralysie alors que les files d'attentes aux contrôles des passeports atteignent déjà parfois plusieurs heures.

bcp-jmi/phv/jgu

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