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Deux nouveaux traitements expérimentaux prometteurs contre le mélanome

03/06/2012 08:08 EDT | Actualisé 03/08/2012 05:12 EDT

Deux nouveaux traitements expérimentaux contre le mélanome avancé --cancer de la peau-- se sont montrés très prometteurs dans deux essais cliniques comparativement à la chimiothérapie standard, selon les résultats dévoilés lundi aux Etats-Unis.

Ces deux nouveaux agents, le Dabrafenib et le Trametinib, tous deux mis au point par la firme pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline, sont des traitements anti-cancéreux ciblés.

Ces études cliniques de phase 3 ont été présentées à la 48ème conférence annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) réunie à Chicago (Illinois, nord) ce week-end.

Le Trametinib neutralise une protéine appelée MEK qui contribue à la croissance de la tumeur et fait partie du même mécanisme moléculaire que le gène mutant BRAF.

Cette mutation génétique produit une protéine qui alimente également la progression du mélanome.

"Le Trametinib est le premier traitement d'une nouvelle classe de médicaments pouvant bénéficier aux patients souffrant d'un mélanome avec une mutation du gène BRAF", a expliqué le Dr Caroline Robert, qui dirige le service de dermatologie à l'Institut Gustave Roussy à Paris, principal auteur de cet essai clinique de phase 3.

"Les résultats de cette étude clinique montrent que le fait de cibler MEK est une stratégie viable pour traiter de nombreuses personnes atteintes d'un mélanome", a-t-elle ajouté.

Jusqu'à présent le Zeboraf (vemurafenib) du laboratoire helvétique Roche, est la seule thérapie ciblée qui a été autorisée --en 2011- par les autorités des médicaments aux Etats-Unis et en Europe pour traiter le mélanome avancé.

Le Zeboraf cible le gène mutant BRAF présent dans la moitié des mélanomes métastasés.

L'essai clinique a été mené avec 322 participants dont 214 ont pris du Trametinib et les autres ont suivi une chimiothérapie standard.

Plus de 22% de ceux traités avec ce nouvel agent y ont répondu contre 8% pour la chimiothérapie dans le groupe témoin.

Le groupe du trametinib a connu 4,8 mois (période médiane) durant laquelle leur mélanome n'a pas progressé comparativement à un mois et demi chez les autres, soit une réduction de 55% du risque de progression du cancer.

Ces patients ont aussi vu leur risque de décéder de leur mélanome diminuer de 46% comparativement à ceux traités avec de la chimiothérapie, 81% étaient encore en vie après six mois de traitement avec du trametinib contre 67% dans le groupe témoin.

Le second essai clinique mené avec le Dabrafenib, qui cible le gène mutant BRAF, a montré une baisse de 70% du risque de progression du mélanome chez les patients comparativement à ceux traités soumis à de la chimiothérapie (5,1 mois contre 2,7 mois).

Les 250 participants à cette étude de phase 3, dont 187 ont été soignés avec le Dabrafenib, n'avaient pas été traités préalablement et souffraient d'un mélanome inopérable, a précisé le Dr Axel Hauschild, professeur de dermatologie à l'hôpital universitaire de Keil en Allemagne, le principal chercheur.

Les données concernant la survie générale ne sont pas encore suffisamment complètes, a-t-il dit.

Le Dr Hauschild a en outre précisé que les patients dans le groupe du Dabrafenib avaient eu peu d'effets secondaires graves de la peau.

js/jr

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