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Syrie: assaut de l'armée sur des bastions rebelles avant une réunion arabe

02/06/2012 04:04 EDT | Actualisé 01/08/2012 05:12 EDT

Les forces du régime ont pris pour cible des bastions de la rébellion dans la nuit en Syrie, pays au bord de la guerre civile selon de nombreux dirigeants internationaux, avant l'ouverture samedi au Qatar d'une réunion ministérielle arabe sur la crise.

Le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, qui prévoit en premier lieu la fin des hostilités, reste lettre morte, et 54 personnes ont encore péri vendredi dans les violences.

Samedi à l'aube, l'armée a lancé des offensives à la recherche d'opposants dans les provinces de Homs (centre) et Deraa (sud), tuant un civil, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). La ville de Homs a été la cible de bombardements des forces gouvernementales dans la nuit, qui ont tué un rebelle.

Les opposants syriens s'étaient mobilisés par dizaines de milliers vendredi pour protester contre le massacre de 49 enfants à Houla (centre) le 25 mai, et les forces du régime ont ouvert le feu sur des manifestations, notamment près de Damas et à Alep (nord), où deux manifestants ont été tués.

Signe que les violences ne sont pas prêtes de cesser, des responsables de l'Armée syrienne libre, force d'opposition armée composée essentiellement de déserteurs, ont annoncé vendredi qu'ils reprenaient les "opérations défensives", s'estimant affranchis des engagements pris dans le cadre du plan Annan.

Les dirigeant internationaux ont souligné à l'unisson le risque grandissant de guerre civile totale, mais étalé au grand jour leurs divisions quand à la façon de faire cesser la spirale des violences qui ont fait plus de 13.400 morts depuis mars 2011.

"Nous voyons des éléments précurseurs d'une guerre civile. C'est extrêmement dangereux", a déclaré à Berlin le président russe Vladimir Poutine, allié indéfectible du régime Assad, tout en jugeant impossible de résoudre la crise "par la force".

Avec la chancelière allemande Angela Merkel qui a souligné la nécessité de "tout faire pour éviter la guerre civile", M. Poutine s'est prononcé en faveur d'une "solution politique" et a nié toute livraison d'armes à la Syrie utilisables dans une guerre.

Les divergences entre Français et Russes sont apparues à Paris, où M. Poutine s'est rendu après Berlin. Le président François Hollande a estimé qu'il n'y avait "pas de solution possible" en Syrie sans "le départ de Bachar al-Assad".

M. Poutine a rétorqué en mettant de nouveau en doute l'efficacité des sanctions.

Et dans un nouveau signe de tension américano-russe, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a accusé la Russie de livrer des armes au régime Assad, s'attirant une rapide réplique de Moscou qui a mis en cause l'aide financière étrangère et les livraisons d'armes aux rebelles dans le massacre de Houla.

La Russie et la Chine ont bloqué au Conseil de sécurité des résolutions occidentales contre le régime de Damas, qui ne reconnaît pas la contestation en l'assimilant à du terrorisme et semble profiter des dissensions internationales pour poursuivre sa répression.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a indiqué samedi avoir écrit au Conseil de sécurité pour lui demander "d'entreprendre toutes les actions nécessaires pour protéger le peuple syrien" face à la répression.

Il n'y a cependant pas évoqué d'intervention militaire, a-t-il déclaré à l'AFP peu avant l'ouverture d'une réunion ministérielle arabe chargée du suivi de la crise syrienne.

Cette réunion, qui se déroule au Qatar en présence de M. Annan, doit "examiner plusieurs idées nouvelles", avait auparavant indiqué M. Arabi.

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a donné son feu vert, malgré l'opposition russe et chinoise, à une enquête internationale indépendante sur le massacre commis à Houla afin de traduire en justice les responsables qui pourraient être accusés de "crimes contre l'humanité".

Ce massacre, dans lequel 108 personnes ont péri, a provoqué un tollé international. La rébellion et le régime se sont rejeté la responsabilité du carnage, alors que selon un responsable de l'ONU, "de forts soupçons" pèsent sur les milices pro-régime.

Au Liban voisin, une personne a été tuée, selon une source sécuritaire, et cinq autres blessées, selon une source médicale, dans la nuit de vendredi à samedi lors de nouveaux affrontements entre partisans et opposants au régime syrien à Tripoli, la principale ville du nord.

bur-cnp/vl

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