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Roland-Garros - David Goffin, un coin de ciel bleu pour le tennis belge

02/06/2012 09:21 EDT | Actualisé 02/08/2012 05:12 EDT

Le jeune David Goffin, 21 ans, qui affrontera Roger Federer dimanche en huitièmes de finale de Roland-Garros, est un rayon de soleil pour le tennis belge, guetté par la déprime avec la retraite de Justine Henin et le déclin de Kim Clijsters, Olivier Rochus et Xavier Malisse.

Ce blondinet à la bouille sympathique a été pris d'assaut vendredi soir après sa qualification par tous les médias belges, convaincus de tenir là un nouveau phénomène. Le Wallon a fait la Une de quasiment tous les quotidiens belges, même en Flandre.

Car après une décennie glorieuse, le tennis belge fait plutôt grise mine ces derniers temps. Justine Henin a pris sa retraite en 2010. Accablée de blessures, Kim Clijsters n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Les messieurs n'ont jamais été à la hauteur de ces dames. Mais pour eux aussi, les temps sont durs. Xavier Malisse, 25e mondial en 2011, est aujourd'hui 42e. Olivier Rochus, membre du Top 30 en 2005 (24e), est 63e. Son frère Christophe a pris sa retraite. Steve Darcis est 61e.

Goffin n'est que 109e au classement ATP, mais son potentiel est énorme, indubitablement. "David est la meilleure chose qui puisse arriver au tennis belge en ces temps de récession", résumait samedi La Dernière Heure.

Il n'était qu'à voir le soutien dont on a bénéficié le Liégois vendredi sur le court 7 pour comprendre l'attente qu'il suscite. C'est dans une ambiance de corrida, avec des drapeaux belges flottants de partout, qu'il a sorti le Polonais Lukasz Kubot.

Ce faisant, il est devenu le premier "lucky loser" à atteindre les huitièmes de finale d'un tournoi du Grand Chelem depuis 17 ans. Le dernier joueur à avoir réussi pareille performance était son compatriote Dick Norman, à Wimbledon en 1995.

Goffin avait été éliminé au dernier tour des qualifications par le Portugais Joao Souza. Mais il avait profité du forfait du Français Gaël Monfils pour intégrer le tableau principal, pour la première fois de sa carrière dans un tournoi du Grand Chelem.

"Je me sens bien, vraiment très bien", a-t-il expliqué. "Je n'avais rien à perdre. Je n'étais pas le favori. J'ai réussi à jouer mon meilleur tennis. Je n'ai pas encore réalisé. Peut-être que, la semaine prochaine, je réaliserai. Mais pour l'instant, je joue."

Ce gringalet au visage juvénile, doté d'un bon coup d'oeil et d'un excellent revers, produit un tennis complet, tout en variations. Ce qui lui a permis d'éliminer successivement le Tchèque Radek Stepanek, tête de série N.23, puis le Français Arnaud Clément, de 13 ans son aîné.

"C'est un timide", dit de lui son premier entraîneur Michèle Gurdal. "Je ne l'ai jamais vu s'énerver sur personne. Sa force, c'est son calme. Au point de vue tennis: il prend la balle très tôt. Il a beaucoup travaillé son physique tout en restant explosif. Et il vit pour le tennis".

Amateur de cinéma français - il a un faible pour "Les petits mouchoirs" -, le jeune homme se définit comme calme, travailleur, ambitieux, et généreux, même s'il se reconnaît aussi un côté râleur.

Du calme, il en aura besoin en huitièmes pour ne pas perdre la tête devant son idole Roger Federer, le N.3 mondial. "Je n'arrive pas à y croire ! Quand j'étais petit, j'avais plein de photos de Roger dans ma chambre", s'est-il enthousiasmé.

"Roger, depuis tout petit, je le regarde jouer à la télévision. Pour moi, depuis longtemps, il a un tennis quasi parfait, une technique parfaite. Et puis, je l'aime aussi humainement parlant", a-t-il raconté.

"Je m'attends évidemment à un match très, très compliqué dimanche, je ne sais pas trop comment le préparer. Mais en tout cas, je vais essayer de me faire plaisir."

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